histoire naturelle, liv. X.
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le battant de ses ailes j 8 í lorsqu’elle pense le saisit-, l'oiseau aqua-tique fait le plongeon. Cependant l’aigle poursuivant toujoursfa proie, rode fur l’eau ; mais l’oiseau de riviere, qui voit som-bre de l’aigle, choisit pour son émersion un endroit éloigné oùil compte que i’ennemi ne l’attend pas. C’est pour résister à cetteforte d’aigle que les oiseaux aquatiques nagent en troupe. Etant v
ainsi plusieurs ensemble, ils n’ont en effet rien à craindre, par-cequ’en secouant leurs ailes, ils font voler de l’eau en l’air, 8Céblouissent ainsi l’oiseau ravisseur. Souvent auísi il arrive que l’ai-gle ne pouvant soutenir le poids de l’oiseau qu’elle emporte, tombedans l’eau avec fa proie. L’aigle (17) de mer, avant que ses ai-glons soient-revêtus de plumes, les force de tems en tems, eules frappant de ses ailes, à regarder directement les rayons du so-leil ; & si elle en voit un qui cligne l’œil, ou qui larmoie, ellele jette hors du nid, comme bâtard 8c dégénéré de fa race, 8cnourrit feulement ceux qui ont tenu l’oeil fixe contre le soleil.
Les aigles de mer, au reste, ne font point une efpece à part,mais font engendrées de diverses especes d’aigles. Leurs petits
font du genre des oísifrages (17*). De ceux-ci naissent des vau-tours (18) de petite efpece, lesquels engendrent ensuite les grandsvautours, qui font tout-à-fait stériles. Âux six especes d’aiglesdont nous avons parlé, quelques-uns en ajoutent une septième,qu’ils appellent barbue (19); c’est l’offifrage (to) des Toscans.
Dans le nid des trois premieres especes d’aigles 8 c de la cin-
(18) Le vautour , en Grec, ;>k|, ,aùyvmlc ; en Hébreu, deah ; en Alle-mand ,gyr 3 geir\ en Flamand, ghier ;en Italien , avoltojo ; en Espagnolbueytre \ en Anglois , vultur ; en Danois,grib ; en Slawon , sep ; en Suédois,gam ; en Islandois, gammur.
(19) Alurovande , 1 . 2,, Ornithol.chap. 11, pense que l’aigle barbue estla même dont Oppien parle fous íe
nom de harpe. Mais le Pere Hardouin-observe que cette même harpe d’Op-pien n’est autre que le milan , selonTzetzès, Chiliad. 5, v. 413.
(20) Hermolaiis prétend, mais fansautorités , qu’il y a une distinction àfaire avec Yqffìfragus 8 c YoJJîfraga ; ceque le Pere Hardouin lui conteste avecraison.