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Tome quatrieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I Y«

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grand pour prendre son essor, íl la dévore (6) elle-même pour ré-compense de ses foins. Le coucou est (7) alors très bon à manger ;

5 c il n’est point d’oiseau d’un goût aussi excellent.

Des milans .

Les milans ( 1 ) proviennent de la même espece d’éperviers ; maisils en different en grandeur. Quoique cet oiseau soit fort âpre a laproie, 6c toujours affamé, cependant on a remarqué qu’il s’abstientde toucher aux viandes qu’il seroit à portée d’enlever dans les ban-quets des funérailles ( 2 ), 5 L qu’il ne touche point non plus à celles quifont exposées fur l’autel (3)d’01ympie, non pasmême à celles queportent en plein air les Ministres des sacrifices: ou quand il luiest arrivé d’en enlever, ce prodige a toujours été d’un présage si-nistre pour les villes au nom desquelies ces sacrifices étoient of-ferts. II semble que ce même oiseau ait enseigné aux pilotes, parles inflexions qu’il donne à fa queue quand il vole, l’artde con-duire (4) le gouvernail d’un vaisseau , la Nature ayant pris plaisir àEcrire dans le ciel la méthode de se conduire en mer. Pendant

Ce nom est glada ( c’est ainsi que s’ap-pelle le milan en langue Suédoise) : orglada vient de glad 3 qui, dans cettemême langue, signifie joyeux.

(3) Voyez Pausanias, Èliac. Elien ,Hist. Anim. 1. z , ch. 47 ; Theopom-pe , chez Antigonus , au livre des Hist.merveil. ch 10. Au reste, cette autrefable avoit auffi rapport à l’inrerpréta-tìon mystique d’un des noms du milan.Nous avons vu que l’une de ces déno-minations est , encore aujourd’hui,Nìbbìo j qui vient de nimbus : or unetelle dénomination estdirectementop-posée scelle d’ Olympi a 3 nom qui vientd Olympes j lequel mot Gre : signifietotus lucens. On conçoit que l’Olympene sauroit être totus lucens , & admet-tre des nimbes ou nuages. De là les

Aruspices Toscans avoient feint, paranalogie , ou plutôt par une fuite deleur jargon mystique, que l’oiseau deproie nibbïo respeétoit l’autel de Jupi-ter Olympien.

(4) Ce troisième conte populaireprenoit encore sa source dans í’inter-prétarion augurale & mystique d’undes noms du milan ; interprétationdont je soupçonne les anciens Drui-des Celtes ou Germains d’avoir étéles auteurs. Quoi qu’il en soit, il estévident que cette fable ridicule de l’in-vention du gouvernail par le milan »ffiest qu une interprétation Gothiquedu mot milan même , qui se diioitauffi milìon en vieux François, com-me on l’a observé plus haut , d a-pr^s M. de Buffon. En effet, en An-