HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. 51
Des coqs ; de leur cajlration: d’un coq qu on entendit parler .
A p aÈs les paons, il n’est point d’animaux plus sensibles à lagloire que ces oiseaux ( i ) destinés pat la Nature à etre nossentinelles de nuit, à interrompre le sommeil des hommes, Leà.les inviter au travail. Ils connoiíïent les proportions du courséphémère des astres; & par leur chant, ils distinguent le jouren plusieurs parties, chacune de trois heures. Ils se couchent avecle soleil; & dès la quatrième veille militaire, ils rappellent leshommes à leurs foins & à leurs occupations ordinaires. Ils nesouffrent pas que le soleil se leve, sans les en avertir. Ils annon-cent la venue du jour par leur chant, qui lui-même est annoncépar le battement de leurs ailes. Chaque coq commande à fa com-mune, & exerce fur elle une autorité íouveraine, comme on.peut le remarquer indistinctement dans toutes les maisons. Maiss'ils se trouvent deux ensemble, ils combattent (z) à qui restera1 autorité, comme instruits par la Nature, de l’usage 8c de la des-tination héroïque des armes qu’elle leur a mises aux pieds. Sou-vent le combat finit par la mort des deux champions. Si l’un (3)des deux demeure victorieux, il célébré auísi-tbt fa victoire parson chant, & se donne lui-même les fanfares. Le vaincu va secacher en silence, 6c se soumet avec douleur à l’empire de l’au-tre. Le moindre coq, même encore confondu dans la foule,estun animal superbe, qui marche fièrement, la tête élevée & lacrête (4) haute. C’est le seul des oiseaux qui regarde souvent le
Nulla quies pugnT , tabido mora nulla sutori.Nunc capitis rubros apices, nunc tempora figunt,tumina nunc fodiunt nigro stillantia tabo.Gallinte interea tacita formidine mu flant,
Quem fortuna-sibi regem velit e fle , virumque.Altet ut inferior ceiCt, tertebrasque petivit,Multa gemens, folio regni quod pulsus aviti :Laude tumens altet, primos sublimis in unguesErigitur , vi&orque suum canit ipfc triumphum.
(3) Elien, Hifl. Arum. 1 . 4 , c. 29.
(4) Ecoutons Passerat, ibid.
Principio crislâ insignis, paleâque rubenti,
Et greíTu intrepido , calcaribus aspera ducisCrura movet, ravisque oculis procul omnia lusitat#Picta micat variis fulgoribus ardua cervix.
Ostentae validum pectus, forcefque lacertos :Praeliaque insesti meditatur acumine rostri,
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