HISTOIRE NATURELLE j L IV. X- f 3
ciel Sc qui tienne habituellement sa queue haute Se courbée en.faucille- Auffi infpire-t-il de la terreur au lion même,leplu S coura-geux des animaux. II y a, parmi cette volaille, des especes qui sem-blent n’êtrc nées que pour la guerre Sc les combats, Sc qui, par-la ,ont rendu célébrés les lieux d’où ils viennent; témoins Rhodes (;)
Sc Tanagre. Les plus estimés ensuite sont ceux de Medie (6) 8cde Khalcide. Auíïices nobles oiseaux sont-ils honorés des foins me-mesde nos Consuls revêtus de Péclat de la pourpre sy),lorsqu ilsinterrogent, par leur moyen, Pavenir. L’augure est favorable lors-que le brouet qu’on leur donne à manger retombe de leur bec (8)à terre. Chaque jour nos Magistrats les consultent, & n’ouvrentou ne ferment leurs portes que fur Pavis des coqs. Ainsi ce fontces oiseaux qui font marcher ou arrêter les faisceaux Romains,qui font avancer ou reculer les armées, ôi qui ont nécessaire-ment annoncé toutes les victoires remportées par nos armes danstout l’Univers : enfin ce font eux qui commandent aux Maîtres dumonde. Etant offerts en sacrifice, ils ne font pas moins agréa-bles aux Dieux, que les plus grasses victimes. Ils fourniffent auffi
des présages quand ils chantent à contre-tems, & fur tout lesoir. C'est ainíi qu’en chantant toute ïa nuit ils annoncèrent auxBéotiens (9) cette fameuse victoire qu’ils remporterent fur lesSpartiates : èc les Augures en jugerent de la forte, parcequ’il estde fait que le coq ne chante point étant vaincu.
Au reste on ôtele chant aux coqs en les chaponnant. Cette opéra-
leur retomboit du bec, on preféroitde leur donner une forte de nourrituredéliée , nommée tripudium , parce-qu on la voyoit rejaillir à terre ; car cesanimaux ne pouvoient manquer delaisse t retomber de leur bec une par-fis de cette espece de bouillie , mêmeAns l’entremise d’aucun mouvementprécipité. Consultons Festus : Puispotijjbnùm dabatur pullis in auspiciis 3quia ex ea nece(fe erat aliquid decidere f
quod tripudium faceret 3 id ejl terri, pa-vium : pavire enim ferire ejl.
( 9 ) Cum apud Lebadiam Trophoniores divina fieretgallos gallinaceos ineo loco fie assidue canere cœpiffe ut nihilintermitterent : tum augures iixijfeBœotìos j Thebanorum ejfe victoriam ipropterea quod avis illa viciafilerssole-ret ; cànere^fivicifj'et.Qicètonfi’s-Ç^Callisthene, de Divinat. 1. 1