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Tome quatrieme.
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HISTOIRE NATURELLE, Liy. X.

I l

camp des Consuls par le moyen de ces oiseaux, aux pieds des-quels on atcachoit ces dépêches. Que servoient donc à Antoineses retranchements, ses chaînes tendues d’un bord du fleuve àl’autre, 8c toute fa vigilance à tenir Brutus étroitement assiégé,s’il restoit à celui-ci la route (8) de l’air pour faire voyager sescouriers ? Bien des gens se prennent d’un tel goût pour des pi-geons , qu’ils en raffolent, pour ainíì dire : ils leur bâtissent destourelles, dont la hauteur domine fur leurs propres maisons :ils vous raconteront la généalogie 6 C la noblesse de chacun deleurs pigeons : 8c cette manie n est pas neuve. En effet, Varronécrit que Lucius Axius , qui vivoit avant la guerre civile de Pom-pée , vendoit chaque paire de ses pigeons quatre cents deniers (9).Ces mêmes oiseaux ont rendu célébré la Campanie, ou l’on croitque se trouvent les plus gros.

Puisque nous sommes venus à parler du vol des pigeons, nousen prendrons occasion de traiter du vol des autres oiseaux engénéral.

De la maniéré de voler & de marcher propre aux differentes

especes d’oiseaux.

Tous les autres animaux, chacun dans son espece, ont unemême 6c invariable façon de marcher : les oiseaux seuls ontune différente allure 8c fur terre 8c dans l’air. Les uns, commeles corneilles, ont la démarche ambulante ; les autres sautillent,comme les passereaux Sc les merles ; d’autres courent, comme lesperdrix Sc les bécasses ( i ) ; d’autres jettentle pied enavant, commeles cicognes 8c les grues. II y en a qui, en volant, étendent leursailes fans les remuer que rarement; d’autres les remuent plus fré-quemment, mais seulement aux extrémités. Chez quelques-unsl’expaníìon du pennage, tandis qu’ils volent, met entièrement lesflancs à découvert: quelques autres ne les découvrent qu’en partie ;car après avoir donné deux coups d’ailes ( ou même un seul,selon l’espece d’oiseau ), ils volent sans les déployer totalement,Tomeir. P