HISTOIRE NATURELLE, L I V. X. TJL$:
en terre des creux qu’ils couvrent ensuite d’une espece de claie (6),fur laquelle ils étendent par couches la terre qu’ils en ont tirée,& qu’ils y font leurs petits ; que tous ces creux ont deux ouver-tures , l’une qui regarde le Levant 8c pár laquelle ils vont paî-tre, l’autre qui regarde le Couchant & par laquelle ils rentrent;qu’ils ne déchargent leur ventre qu’en s’élevant enl’air, ÔC en.volant contre le vent. Ces oiseaux ne se trouvent (7) que dansun seul endroit de l’univers, savoir dans une iste peu éloignéedes côtes de la Pouille, 8c que nous avons dit être (8) célébrépar le tombeau 8c le temple de Diomede. Us ressemblent à desfoulques ou poules d’eau. Us crient contre tous les étrangers quiarrivent dans cette iíle ; &, par un discernement qui tient duprodige, ils témoignent dé l'amitié aux Grecs seuls , comme s’ilsreconnoissoient en eux les compatriotes de Diomede. Chaquejour ils se chargent d’eau le (9) bec 8c les plumes, 8c en vontarroser 8c purifier le temple dè Diomede. De là l’origine de lafable (10), que les compagnons de Diomede furent changés en cesoiseaux.
D*animaux qu on nesauroit flyler à rien apprendre.
Je ne dois pas omettre non plus, en traitant du naturel desanimaux, qu’entre les oiseaux, les hirondelles ( 1 ), 8í , entre les ani-maux terrestres, les rats (2), ne peuvent rien apprendre; tandisque l’éléphant fait ce qu’on lui commande, que le lion subit lejoug, Ôc que le veau marin (}) 8c plusieurs autres fortes de pois.sons s’apprivoisent.
vol. U paroît donc impossible d’appri-voiser un tel oiseau.
(2) Scaliger atteste avoir vu un ratou une souris ( murem ) qil’on étoit par-venu à si bien apprivoiser, qu’ensuiteon lachoit en toute liberté cet ani-mal , quoique d’une espece naturelle-ment indocile, & qu’ilrevenoit quand
Tome IF.
son maître ou sa maîtresse l’appel-loit. Le Pere Hardouin observe ou’ila vu des souris venir manger dans kmain.
(3) Voyez ce qui a déja été dit di*veau'marin au livre précédent, cha-pitre 13,. Consultez aussi Diodore dsSicile, 1 . 3 , Bibl. p. 155.
R