histoire naturelle, LIV. X. 133
Les onocrotales (9) ressemblent, aux cygnes, & ils n’en diffe-rent que parcequ’ils ont immédiatement au dessous du gosier uneespece de jabot ou de poche qui est: d’une grandeur démesurée,Sc dans laquelle ces oiseaux, dont l’appétit est insatiable, amas-sent tout ce qu’ils trouvent: ensuite ils le ruminent; & lorsqueîa trituration en est faite, ils bavaient de nouveau, Sc le fontpasser, cette fois, dans leur véritable estomac. Cet oiseau vientdes côtes de la Gaule (10) septentrionale.
J’ai oui dire que dans la forêt Hercynie, en Germanie, il y ades genres d’oifeaux extraordinaires , dont les plumes , pendantla nuit, brillent (11) comme du feu. Les autres oiseaux du mêmepays n'ont rien de remarquable ; Sc si l’on en fait cas, c’est uni-quement parcequ’ils viennent de loin.
Noms & naturels de plujìeurs oiseaux.
ASÉleucie, ville des Parthes, Sc dans l’Asie ( 1 ) Mineure,les phalerides (2) fonr, de tous les oiseaux aquatiques, les plusestimés. Les (3) faisands de la Colchide ont comme deux oreillesde plumes, qu’ils haussent 6c baissent à volonté. Quant aux pou-les de Numidie (4), elles viennent originairement du pays dece nom, qui fait partie de l’Afrique : mais à présent l’Italie enest peuplée.
Apicius , ce gouffre insigne de gloutonnerie, a fait voir que
Sc lfe Pere Hardouin. Celui-ci observeque les piettes font fréquents dans leSoiíTonnois & le Beauvoisis : je dis fré-quents ^ car Dupinet fait piette du genremasculin.
(3) Le faisan d, en Grec , itys 3 pha-Jìanìkos-omis \ en Allemand, fafan 3fpffan ; en Belgique , fasaen f osant ;en Italien ,fas a no jsagiano ;~en Espa-gnol > faisan ; en Anglois, phesant \ enDanois, fasan. Toutes ces dénomina-
tions’ signifient Y oiseau du Phase , par-cequ’en efret c’est du Phase que cesoiseaux sont censés originaires, témoince que le Poète Martial, Epigr. 72 ,1. x 3 , fait dire à l’un deux :
Argoâ primùm fum transportata carinâ :
Ante mihi notum nil nisiPhasis état.
(4) L’oiseau nommé par les Anciensnumidica , étoit semblable, selon Var-ron, à la poule nommée gallinaruflic a t
qui n’est autre que la bécasse, selon