HISTOIRE NATURELLE, L I y. X. IJ7
Pour connoître fi ion désir s’accompliroit, elle fit usage d’unmoyen de divination que les jeunes personnes de son sexe onccoutume d’employer, ce fut de mettre un œuf dans son (3) soinpour le couver; & quand elle vouloir le quitter, elle le donnoirà fa nourrice , afin qu’il ne cessât point dette tenu chaude-ment: & l’on dit que le présage (4) qui en résulta lui promitun fils ; ce que î’événement justifia par la fuite. C’est de làpeut-être qu’est venue l’invention nouvelle de mettre couverdes œufs fur de la paille , dans un lieu qu’on échauffe d’unsou doux , en ayant l’attention de retourner de tems en temsces œufs avec la main : de cette forte on voit sortir les pe-tits à jour nommé. On raconte d’un certain coquetier qu’ilavoir le secret de connoître, en regardant un œuf, de quellepoule (y) il venoit. On raconte (6)auifi qu’u ne poule étant morte,on a vu des coqs couver sos œufs alternativement, Lé faire en-suite à l’égard des petits tout ce quelle eut fait elîe-même ,s’abstenant même alors de chanter. Mais rien de plus singulierque les façons d’une poule à qui on a fait couver les œufs d’unecane. D’abord elle est toute surprise en voyant éclore de telspoussins, & elle les méconnoît entièrement. Ensuite elle s’accou-tume à eux, 6 L les rappelle avec autant de foin que si c’étoient
On peut âuffi, selon M. Valmont deBomare, forcer un chapon même àfaire l’office subséquent de la mere,& le substituer à b poule ou au coqpour l’éclucation des pouffins. " On„ tire, dit ce Naturaliste , un service„ singulier des chapons : on les dresse„ à conduire & à élever les poussins„ quand on ne veut pas laisser perdre-> de tems aux poules. Pour cet effet,« on choisit un chapon vigoureux ;” °n lui plume le ventre , on lui pi-” que la partie plumée avec des or-31 ties, 8 c on l’enivre avec du painp trempé dans à via, Après avoir
33 réitéré certe cérémonie deux ou» trois jours de fuite , on le met fous33 une cage avec deux ou trois poulets33 un peu grands. Ces poulets , en33 lui passant fous le ventre , adoucis-33 sent la cuiss,n de ses piquures. Ce33 soulagement l’habime à les rece-33 voir : bientôt il s’y attache, il les33 aime, il les conduit ; & si on lui en33 donne un plus grand nombre, il les31 reçoit, les couvre de íes ailes, les31 éleve, & les garde plus long-tem.s« que la mere n’auroit fait. Tome z >33 p . Z46.3,