HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. l8/
en faux contre ce préjugé. Ces mêmes reptiles ne couvent pointleurs œufs ; car ils ont si peu de mémoire, qu’ils oublient où ilsles ont posés. Ainsi les petits lézards ( 14) éclosent d’eux-mêmes.
D’un serpent qui naît de la moelle de l’ épine de l’homme.
Plusieurs assurent qu’il s’engendre un ( 1 ) serpent de lamoelle de l’épine de l’homme : & cela n’est pas (2) impossible ;car la maniéré dont s’opere la génération de la plupart des ani-maux, & même des animaux quadrupedes, nous est cachée.
De la salamandre.
Par exemple, la (3) salamandre, qui est un animal de lafigure d’un (4) lézard, & qui a le corps marqueté de taches fai-tes en forme d’étoiîes, ne paroît que dans l’époque des grandespluies, & disparoît (5) quand le tems est beau. Elle est si froidede fa nature, que dès qu’elle touche le feu, elle ( 6 ) l’éteint ,comme feroit de la glace (7). Elle rend par la bouche une cer-
Consultez ses raisons chez lui-mème.
Calepin écrit que le nom de la sala-mandre est criket ; mais cette dernieredénomination est celle du grillon.
(4) Ou d’un petit crocodile, selonle Scholiaste de Nicandre , p. z 8. Cas-íîodore, var. 1 . 3, Ep. 47 , décrit lasalamandre tout autrement 3 il la dé-finit subtile acparvum animas lumbricis(ljJocium( semblable aux vers de terre),
Jlavo corpore vestitum. Aetius,/er/7z. 13,la dépeint d’une maniéré plus confor-me au récit de Pline : Salamandra ani-mal simile est stellioni , asperius & sca-brum magis quàm lacerta venenata.
(5 » Theophraste, au livre des lignesde pluie , met l’ apparition de la sala-mandre au nqmbre de ces signes.
{ 6 ) Un manuscrit porte destnens aulieu de deficiens.
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(7) Elie finit cependant par en êtreconsumée à la longue, à ce qu’assu-rent plusieurs Physiciens modernes, &à ce que la raison invite à croire, con-tre le témoignage d’Aristote, livre 5 ,chap. 18 ; d’Elien , 1 . 2, eh. 31; deNicandre & d’autres Anciens. Cepen-dant il est constant qu’elle résiste long-tem-s à Faction du feu. Le Pere Har-douin fait mention d’une salamandreapportée des Indes à Rome en 1667& qui, après avoir enduré & éteintplusieurs brasiers, deux heures du-rant , fut retirée du feu tellementsaine& sauve , qu’elle vécut encore plus dèneuf mois. Ce meiiie Savant ajoute quela vraie salamandre incombustible, ouregardée comme telle , est celle desIndes ; & qu’elle est fort différente encela de celle d’Europe.