HISTOIRE NATURELLE, LIV. X. I£>
que les pêcheurs veulent débusquer certains poissons qui setiennent caches dans les cavernes, ils en frottent 1 entrée avecdu poisson salé ; & alors les poissons sortent tout-à-coup, commepour fuir, avec connoissance de cause, les cadavres de leurs sem-blables. On en volt auísi venir de la haute mer à certainesodeurs, comme celle (8) de seche êc de polype brûlés : auísi sesert-on de cette amorce, & en met-on dans les filets. D’autrepart, les poissons détestent l’odeur de la sentine (9) des vais-seaux , & sur-tout celle du sang de poisson. Le s polypes tien-nent si fortement aux rochers, qu’on ne sauroit les en arracher ;cependant, dès qu’on met de la conile (10) auprès deux, ilsse retirent auísi-tòt. Les pourpres (11) se prennent par quelqueamorce ( 12) fétide. Quant aux autres animaux, on ne peut dou-ter qu’ils ne soient doués d’un bon odorat. L’odeur de corne decerf met en fuite les ( 13 ) serpents ; mais rien ne les chaste comme l’o-deur dus 14) storax. Oelle de fi ; ) l’origan, de la chaux vive, ou dusoufre, tue les fourmis. Les moucherons nommés cousins cherchentles choses aigres, & n’approchent point des choses douces.
Que tous les animauxfont doués du taU.
Tou s les animaux ont le sens du tact, même ceux qui n’enont point d’autre : les huîtres dans la mer, & les vers fur laterre , n’en font point privés.
Je serois aussi porté à croire que tous ont le sens du goût (1).Autrement pourquoi ceux-ci préféreroient-ils une certaine fa-veur , & ceux-là une autre ? Et c’est en quoi la Nature , qui aformé (2) toutês choses, fait principalement éclater fa puissance.II y a des animaux qui saisissent leur proie avec les dents , d’au-tres avec les ongles , d’autres à i’aide d’un bec crochu. Quel-ques uns ont la gueule ou le bec large par-devant, &c s’en fer-vent pour brouter de face; d’autres ont cette partie terminée en
&: non pas archïtecllo leçon barbare qui se trouve dans les anciennes éditions.
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