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Tome quatrieme.
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HISTOIRE NATURELLE, Lly. X. I97

pointe, & s’en fervent pour creuser la terre. Les uns sucent,les autres lechent, hument, gobent, mâchent, dévorent. II n’ya pas moins de variété dans l’usage qu’ils font de leurs pieds,pour enlever, pour mettre en pieces, pour tenir, pour serrer,pour se-(3) suspendre, pour gratter continuellement la terre.

D* animaux qui se nourrissent de venins ; d’autres «qui je

nourrijsent de terre.

Les chevres & les cailles , qui font des animaux très doux,s’engraissent en mangeant des choses (1) venimeuses ; ce quenous avons déja remarqué (z) touchant les cailles : tandis queles serpents s’engraissent en mangeant des œufs ; ce qu’ils fontavec toute la souplesse dragonale : car ils avalent les œufs en-tiers, si leur gosier se trouve assez large, puis, en se repliantsur eux-mêmes, ils les cassent dans leur ventre, & trouvent lemoyen d’expectorer (;) ensuite les coques , en retenant le reste;ou, s’ils font encore trop jeunes pour avaler un œuf entier, ilss’entortillentàl’entour, le serrent peu-à-peu, & à la fin si forte-ment, qu’ils en séparent (4) une portion, comme si on l’avoitcoupée avec un couteau : ensuite ils hument le reste de l’œufqu’ils tiennent avec les replis de leur corps. De même, quand,les serpents ont avalé des oiseaux entiers, ils se compriment tel-lement le ventre, qu’ils font revenir les plumes , 6e qu’ils lesregorgent.

Les scorpions vivent de terre. Les serpents aiment (5) extrê-mement le vin, Se en font débauche Iorsqu’ils en trouvent l’occa-sion, quoique d’ailíeurs ils n’aient besoin que de très peu de bois-son. Ils ne mangent auffi que peu ( 6 ) , ou presque point, quandon les tient renfermés. II en est de même des araignées , quinéanmoins se nourrissent par la succion. Aussi ne voit-on au-cune bête venimeuse mourir (7) de faim ou de soif ; car elles

(7) Pline auroit dû dire quelles ne meurent qu’à la longue. II n’y a point