HISTOIRE NATURELLE, L I V. X. 2.0 Z
savent que I’odeur de leurs excréments les trahit 8c les découvre,ils ont foin de les enfouir , 6c de les couvrir de terre.
Des sympathies & des antipathies réciproques des animaux.
Outre les sens dont nous venons de parler, il est aisé des’appercevoir que les animaux ont encore certains instincts na-turels ; car il y a entre eux des amitiés 8c des inimitiés : ce quimontre qu’ils ont des pallions, indépendamment des autres pro-priétés affectées à leur nature, 6c que nous avons fait observeren traitant particulièrement de chacun deux. Le cygne 6c l’ai-glese font (i) la guerre ; comme auíîî le corbeau 6c le chlorée (r),qui cherchent les œufs l’un de l’autre pendant la nuit. Les mêmeshostilités fe remarquent entre le corbeau 6c le (3) milan; 6C ce der-nier enleve (4) à l’autre fa proie. II y a pareillement guerre entre lacorneille 6cla chouette, ainsi que, d’une part, entrel’aigle 6c le roi-telet ( si la chose est croyable ), parceque celui-ci est appellé le roides oiseaux; 6c d’autre part entre la chouette 6c les petits oiseaux. En.outre, il y a guerre entre les animaux terrestres 8c les volatiles,comme, par exemple, entre labelette ( 5 ) 6c la corneille ; entre le ( 6 )pyralis 6c la tourterelle; entre les guêpes nommées (7) ichneu-mons 6c l’araignée phalange. La même antipathie fe fait voirentre les grenouilles (S) aquatiques 6c les mouettes; entre l’oi-
pense, en effet, qu’il faut entendre,par le pyralis, un insecte ou animal-cule mangeant le bled. Ce n’est peut-être autre chose que Fin secte que nousnommons grillon : auquel cas pyralisviendroit de wD? , ignis , & non pas dewflç , triticum. En effet, ces expres-sions , ignaria 3 pyralis 8cgrillon , fontvisiblement synonymes.
(7) Nous parlerons de cette especede guêpes au livre suivant, ch. zi.
(8) Je lis au texte ichneumones ves-P<£ j <S’ phalangia : r and aquatica 3 &gavia 3 8c non pas ichneumones vespa
& phalangia aranei , &c. leçon barbare& inexplicable , adoptée par les Edi-teurs , & par le Pere Hardouin lui-même. Cependant il observe qu on litchez Aristote que les oiseaux de mersont en guerre entre eux, «ç 0pír8 ofzaì ïapnç } ut dissident brenthus & gavia;ce qui signifie que les oiseaux pêcheursqui vivent fur le même fonds, on en-tre eux la même guerre opiniâtre, lamême antipathie qui subsiste entreles mouettes & les grenouilles d’eauappellées brenthes. Mais, faute de sa-voir que Brent est un ancien mot
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