HISTOIRE NATURELLE, LIV. XI. 2./Z
tôt,cette substance Maigrissant même par le moindre contact; dela rosée (i4)- C’est (15) pourquoi, parmi l’élite (16) de$ diffé-rentes sortes de miel, on compte 1 ’ acapnon (17), ou miel non.fumé (18).
II y a eu parmi les Savants une grande & célébré disputefur la maniéré dont se fait la génération (19) des abeilles; caron ne les a jamais vu parier. Plusieurs on cru qu’elles font en-gendrées des fleurs que la Nature dispose d'u ne maniéré conve-nable à cette production : d’autres disent qu’elles proviennentde l’accouplement du roi (20) de chaque essaim; qu’il n’y a quece seul mâle dans toute la colonie; qu’il est plus gros que lesautres mouches: cet avantage suppose aussi celui d’une vie pluslongue, ôc qui lui sert à s’épuiser moins promptement. Ainsi ,selon ceux qui soutiennent cette derniere opinion , il n’y apoint de génération dans les ruches s’il n’y a point de roi ;& les abeilles le suivent, non comme une troupe suit son chef,mais comme des femelles suivent un mâle. Cette opinion ,toute plausible quelle est , se trouve cependant renversée parla génération des bourdons (20*). Car par quelle raison arri-veroit-il que, dans une même race d’insectes, les uns fuísent
ou qui reste uniquedanschaque essaim,c’est la reine ou mere des abeilles, queles Anciens ont, à tort, appellée le roides abeilles , faute d’avoir connu sonsexe.
(20) Cette expression est fausse. IIfaut dire la reine ou la mere abeille,& non pas le roi. Voyez la note pré-cédente. Le nom propre Mero-wée queportoit l’un des prédécesseurs de Clo-vis, signifie précisément mere abeille ;«c Clovis ( Clodo-weus ) signifie avor-ton d’abeille r ce qui est austi le sensdu nom propre Clodoald, ou Cloud,que portoit un Prince du Sang de lapremiere race. Or Pline va observerque les Latins appellent clavus , c’est-
à-dire clou j qu’on écrivoit ancienne-ment cloud j l'avorton de l’abeille,J’observeraiaussi qu’assez récemment,en ouvrant le tombeau d’un des RoisMérovingiens, on y a trouvé, commeà titre de symbole , un grand nombred’abeilles d’or. Les lis ne devinrent,je pense, le blason de la race royaleque lorsque le nom propre Clowiscommença à se prononcer Lowis; cardès-lors ce nom propre parut dériver delowe , amour , & signifier beau 3 aima-ble 3 &c. Or le lis a , de tout te ms ,,ete 1 emblème de la beauté, de l’ama-bilité, &c.
(20*) Ou plutôt des faux-bourdons^qui font les mâles de l’abeille,.