HISTOIRE NATURELLE, L I y. XI.
parfaits 8 c les autres imparfaits ? La premiete opinion paroîtroitdonc plus probable, s’il ne s’y rencontroit une autre difficulté ;c’est qu’on trouve quelquefois, dans les derniers rayons, de grossesmouches qui donnent la chasse aux autres, 8 c qu’on appelletaons (í i). Or comment ces mouches nuisibles pourroient-ellesnaître dans la ruche, si elles ont la même origine que les au-tres, qu’on prétend être (12) engendrées des fleurs ?
Ce qu’il y a de certain, c’est que les abeilles couvent commeles poules ; ce qui éclôt semble d’abord être un petit ver blanccouché en travers, & tellement adhérent à l’alvéole, qu’on leprendroit pour une portion (23) de cire. Le roi est dès-lors decouleur de miel, comme si, entre toutes les autres abeilles, ilétoit fait de la fleur la plus exquise 3 8t au lieu d’être, commeelles, un simple vermisseau, il vient au monde ailé. Quand lespetites abeilles commencent à prendre forme, on les appellenymphes ; 8 c les petits bourdons fe nomment sirenes ou cephenes.Si cn ôte la tête aux uns ou aux autres avant qu’ils aient desailes, le reste du corps est un friand morceau pour les meres.Celles-ci, quand leurs petits ont pris l’étatde nymphes, leur ver-sent dans la bouche, au bout d’un certain tems, la nourrituregoutte à goutte, & elles les couvent en bourdonnant beaucoup,afin, comme l’on croit, de produire une chaleur qui est néces-saire pour les faire éclore, j ufqu’à ce qu’en fi n ces petits embryonsaient rompu les pellicules dans lesquelles chacun d’eux est enfer-mé, comme un pouffin dans l’œuf. Ils sortent ai n fl tous, 8c fe
l’œstre, seloriM.ValmontdeBomare,prend communément naissance dansle nez des animaux ruminants, oudans ie fondement des chevaux, ouhabite tout l’hiver fur le dos desbœufs.
(22) Voici ce qu’en dit Virgile dansces vers , Géorg. 1 . 4:
Illum adeo placuilTc apibus iniraberc more® ;
Quod nec concubitu indulgent, nec corpora segnesIn Venerem solvunt, aut fœtus nixibus edunt ;Verùm ipsa; è foliis natos & suavibus herbisOre legunt, Lee.
(23) Je lis, avec le Pere Petau & I ePere Hardouin, ut pars cerœ videatur s& non pas ut pascere videatur } & celad’après l’autorité d’Aristote , Histçr.
Anim. 1 .3, ch. i