HIS T O I R E N A T URE L L E , L I V. X I. IJt
déliés (zo) Ôc d’autres (z 0 oiseaux les ravagent. Lorfq u ’elles vontchercher de l’eau, cc qui est leur principale occupation dans letems de la ponte, elles font sujettes à tomber dans les embus-cades des (zz) grenouilles; 6c non feulement les grenouilles desétangs 6cdes rivières, mais encore les grenouilles buistonnieres,viennent les aíFaillir jufqu’aux portes de leurs ruches (zz), 6c souf-flent dedans; ce bruit tes détermine à sortir, ôc auísi~tôt. ellesfont prises. On dit que les grenouilles ne sentent ( 14) point la pb-quure de i’aiguillon des abeilles. Celles-ci n’ont guere moins à crain-dre des ( z z ) moutons; car elles ont bien de la peine à fe dépêtrerde leur laine. Si l’on fait cuire des écrevisses auprès de leur ru-che, cette (zé) odeur les fait mourir.
Les abeilles sont quelquefois malades (z7), ce qui fe recon-noît à la tristesse & à l’engourdissement qu’ellés marquent, ouloríqu’on en voit de couchées au soleil devant rentrée de laruche, ôc que les autres leur apportent à manger; ou lorfqu’onles vòit jetter au dehors (z8) celles qui font mortes, ôc accom-pagner les corps comme on'fait aux funérailles. Si le (2.9) roivient à mourir de quelque maladie,, tout l’essaim, plongé dansle deuil 6C dans la douleur, cesse d’aller au travail, ne fortplus de la ruche , ôc fe tient continuellement autour du corps,en bourdonnant tristement. C’est pourquoi on est obligé alorsde faire sortir les>mouches, ÔC de retirer le corps de leur roi,afìn de leur ôter la vue d’un tel spectacle ; autrement leur deuilferoit fans terme. II faut auili alors pourvoir à leur subsistance ,lans quoi elles mourroient de faim. On connoît qu’elles fe por-tent bien iorsqu’on remarque qu’elles sont (30) gaillardes ôc lui-santes. ■
(z 8) Ainsi le rapporte Virgile;ibid. )
Aut corpora luce carentur»tectis y 5c tristia funera ducunt,'
(z 9) Aristote, Hist. AnimAxvxQ «fjchap. 64,p. r 1 iL.
(3°) Vàtron, de re rufi. 1. 3 , ch. 1p. no.