HISTOIRE NATURELLE, LIV, XI, 42 £
sang le plus épais (6), sont aussi les plus forts. Ceux qui l’ontplus fluide (7), font plus avisés. Ceux qui n’en ont point, ouqui n’en ont que fort peu, font timides (8). Le sang des (9) taiPreaux fe coagule & fe durcit très vîte : c’est pourquoi un telbreuvage est un (10) poison. Le sang des cerfs (11), des san-gliers (12) , des chevreuils ( 13 ) & des buffles (14) ne s’épaissicpoint. Celui de Pane est le plus épais : celui de l’homme est leplus fluide. Les animaux qui ont plus de quatre pieds n’ontpoint de sang (15). Ceux qui font gras en ont moins que lesautres, parceque (1 6 ) fa substance est en partie employée engraille. L’homme seul (17) saigne par le nez. Les uns saignentpar une narine, Lc les autres par l’autre. Quelques-uns perdentdu sang par les parties inférieures. Plusieurs en perdent par labouche en certains tems réglés, comme faifoit, iln’y a pas long-tems, Macrinus Viscus (18), qui avoit été Préteur. Volusius Sa-turninus (19), Préfet de Rome, qui a vécu plus de quatre-vingt-dixans, faignoit aussi par la bouche, une fois chaque année. II n’ya, dans tout le corps, que le sang qui croifle tout-à-coup (zo) :aussi.les victimes en rendent davantage (zi) quand elles ont buauparavant.
Quant aux animaux qui (zz) , comme on l’a observé dans leslivres (zz) précédents , fe tiennent cachés une partie de l’année ,ils n’ont alors que quelques petites gouttes de sang ; encore est-il retiré autour du cœur. En quoi la Nature fe montre admirable,
ícription antique rapportée par Grute-rus, p. 513.
(19) Dont il a été déja fait mentionau livre 7, chap. 14.
(zo) Ceci a l’air d’un préjugé. Al-bert le Grand , par exemple, croitque le vin fait beaucoup de sang, &ssir-tout le vin rouge. Liv. 3 , de Âmm.Traité z, chap. 6 , p. 146. Je croiroisplutôt que le vin desseche le sang, &que 1 eau le délaie. Mais ni Tun niI autre ne me paroissien! propres » fe
convertir tout-à-coup en sang..
(zi) Par la raison que l’eau , en dé-layant le sang, le rend plus coulant,plus fluide. Voyez la note précédente.Au reste, cette assertion de Pline estempruntée d’Aristote, Hist. Anim . li-vre 3, chap. 14, p. 370.
(z z) Les ours, les loirs, les rats desAlpes, dont on a traité au livre 8 ,ch. 3 6 .
D 3 ) Au livre 8 , chapitre 3 6 , Siailleurs.