HISTOIRE NATURELLE, L I V. XI. 4Z l
lait, mais feulement les vivipares (zz). Entre les volatiles, lachauve-fouris (34) ^ la feule qui en ait : car ce qu’on dit desoiseaux nommés striges (3 5), qui donnent à tetter aux petits en-fants, je le regarde comme une fable. II est vrai que le nom destrige est, depuis long-tems, une forte d injure ( z 6 ) ; mais jene vois pas que l’on connoiste avec certitude quelle forte d’oi-feau (37) ce nom désigne.
Des principaux animaux qui ont des mamelles .
Les ânesses ont mal aux tettines après avoir mis bas : e’est
pourquoi elles ne souffrent (1)plus de six mois ; au lieu que les
semble être la source très ancienne dusens vaguement injurieux attaché, se-lon Pline , à tout ce quiportoit le nomde strix. D’autre part, le mot SlawonJlry^j un grimpereau, paroît venir d umot Slawon Jirychac £ 3 qui signifie unraseur de mesure ; &, à en dériver lemot Jîrix dans le sens d’allaiteuse d’en-fant, ce mot sera très propre à dési-gner une fausse mere, une nourricestriéte , qui épargne la nourriture àPensant, & qui lui rase la mesure.Ainsi Poiseau_/?ry^ , par cette raison,pouvoit être regardé comme de mau-vais présage , & comme annonçant lafamine aux vaisseaux sur lesquels ils’arrêtoit. 11 me reste à observer qusenDanois singe signifie torcher, frot-ter , &c. qu’en Suédois Jiryka signifieerrer , être vagabond ; d’où straeckfo-gelj tout oiseau de passage, & particu-lièrement le grimpereau. Quoi qu ilen soit, je pense avoir démontre quel’oiseau dont Pline est ici en peine,n est autre que le grimpereau , ou letorche-pot 3 en Slawon ftry [, donc lesGrecs, par préjugé & par erreur, fai-
pas que leurs ânons les tettentjuments laissent tetter prèsd’un
soient un oiseau de nuit. A l’égarddu nom de striges 3 donné , selon Ees>tus , aux sorcières 8c faiseuses de ma-léfices , c’est de là que vient le mot tri-gaude j au lieu de strigaude ; de mêmeque nous disons tricherie 3 8c les Alle-mands flreich 3 un dol, un piege, &c.Et il y a lieu de croire que les sorderes,ou noueuses d’aiguillettes , ont éténommées en Latin Jlriges par la raisonqu’en langue Germanique stricken si-gnifie lacer, nouer , attacher les ai-guillettes j d’où Jlricken- hofen 3 lacerdes bas de chauste. Et quant au nomde volatica , nom peut-être corrompu ,que leur donnoient auffi les Romains ,il désignoit probablement une Vala-que , une Bohémienne, le nom Sla-won de la Valaquie étant Wolos^e.
(x) Ceci est expressément contreditpar Yarron, chez qui on lit, 1. 2 , de rerujl. c. 6, intitulé j de asinis : In pastu,eadem fere observant 3 qua in equis. Se-cundum partum pullos anno non remo-vent à matre. M. de Buffon écrit quartbout de cinq ou six mois on peut se-vrer fanon ; & que cela est même né-