HISTOIRE NATURELLE, LIV. XI. 477
de poisons. Ajoutons qu’il y a de ces animaux qui ne font pointvenimeux pat eux-mêmes, mais qui le deviennent par des nour-ritures venimeuses. Dans les montagnes de Pamphylie & deCilicie , les sangliers qui ont mangé (13I des salamandres, sontvenimeux (14), & leur chair elt un mets mortel; & cependanton ne s’en douteroit nullement, ni àl’odeur, ni au goût. Pareille-ment l’eau ou le vin où une salamandre aura été étouffée mêmeoù elle aura seulement bu, est un poison pour ceux qui en boiventaprès elle. II en est de même de la raine verte ou grenouille ( 1 5)buiísonniere. Tant notre vie est environnée d’embûches ! Lesguêpes font très friandes de la chair du serpent ; mais après qu’elless’en sont repues, leur piquure est mortelle (16). Enfin la diffé-rence de nourriture à nourriture est telle, que, selon Théo-phraste (17), les bœufs mêmes de la contrée des Ichthiophages ( 18 )se nourrissent auffi de poissons, mais ne veulent toucher qu’auxpoissons vivants.
La meilleure nourriture pour l’homme, c’est (19) la plus sim-ple. Rien de plus pernicieux à la santé que la multiplicité desviandes, fur-tout des viandes assaisonnées. Tous les aliments acres,ou pris en trop grande quantité, ou trop précipitamment avalés,rendent la digestion pénible. Au reste elle sc fait plus diffici-lement en été qu’en hiver, & dans la vieillesse que dans la jeu-
i’Inde. Voyez la Table générale.
(19) Consultez, fur cet excellentprécepte de santé, le Poète Horace,liv. z , Sat. z , v. 70 ; &c principale-ment Macrobe , Saturn. liv. 7 , cli. 4,p. z 88. Pour ne point trop noirs éten-dre , nous nous contenterons de citerici le passage d’Horace , d autant quePline paroi t savoir en vue :
Accipe nunc victus tenuis qu® quantaque fecumAfferat, in primis valeas bene : nam vari® resUt noceant homini, credas , memor illius esc®,Qu® simplex olim tibi sederit. At simul.assis
Miscueris elixa. > simul conchylia turdis,
Dulcia fe in bilem vertent, stomachoque tumultui^Lenta feret pituita. Vides ut pallidus omnisCœnâ desurgat dubia ? Quin corpus onustumHesternis viciis animum quoque praegravat uni 9 .Atque affigit humo divin® particulam aurae.
Au reste, je pense que ce bàu passaged’Horace a été corrompu par Le laps detems ; car credere ut 11’est point Latin.D’ailleurs valeas bene n’est point un.précepte de santé ; & ce précepte tri-vial vient très mal-à-propos couper cequi précede & ce qui fuit. Ou je me