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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XII. $ 6 $
au Soleil est laissée sur le lieu, & que le feu y prend ( 13) de lui--même.
Le meilleur du cinnamome (14), c’est depuis le haut des bran-ches les plus minces jusqu’à la longueur d’un palme. Le second en,bonté se trouve immédiatement au dessous, mais à une moindrelongueur : ainst du reste. Le dernier de tous , c’est celui qui estle plus proche de la racine ; car c’est là où il y a le moinsd’écorce, laquelle cependant fait le principal mérite du cinna-mome. Aussi estime-t-on , par préférence , la cime de l’arbrif-seau, parceque c’est la partie où il y a le plus d’écorce. Quantau bois qu’on appelle xylocinnamome , on en fait peu de cas,par la raison qu’il a au goût une acrimonie semblable à cellede l’origan (i s).-il se vend néanmoins vingt deniers la livre(1 6 ).Quelques-uns disent qu’il y a deux sortes de cinnamome , leblanc & le noir (17). On recherchoit autrefois le blanc ; mainte-nant c’est le noir qui est en vogue, & même on donne à celuiqui est de diverses couleurs la préférence fur le blanc. En gé-néral , la vraie marque du bon cinnamome, c’est qu’il ne loitpoint raboteux (18), qu’il se brise difficilement lorsqu’on enfrotte deux morceaux l’un contre l’autre. Celui qui est mou,ou dont l’écorce se sépare d’elle-mêmelip), est le plus mauvaisde tous.
Le Roi des Gébanites réglé lui seul la valeur du cinnamome j& il le vend sur ce pied-là dans une foire qu’il fait annoncerexprès. La livre cou toit anciennement mille deniers (10) ; dansla fuite le prix a augmenté de moitié (z r), les barbares ayant,dit-on , brûlé par dépit plusieurs forêts de cinnamome. Tou-
ques manuscrits portent labitur ; d’au-tres iabït. U y a à présumer que Plinea écrit labat ; d’où s’est formé d’abordla leçon vicieuse ïabit s qu on auracherché à rectifier , en lui substituantlabitur ,
(20) Quatre cents livres de notremonnoie.
(11) C’est-à-dire que le prix a étéporté jusqu a quinze cenrs deniers ; cequi revient à íîx cents Uvres de nôtresmonnoie.