HISTOIRE NATUREL LE, LIV. XIII. 8J
Oìr comme le citronnier dont nou:s parlons, c’est-à-dire celuidu mont Atlas, est devenu la matière des meubles les plus pro-pres èc les plus recherchés , je crois qju’il est à propos dé dire en-core quelque chose touchant cet arbre.
Ce que cejl que Va rbre thya.
L e citronnier a été connu d’Homere, qui le nomme thyon ( i ),& d’autres thya. Ce Poète met le thyo>n au nombre des bois odo-riférants dont il suppose que Circé (z) , en qualité de Déesse,parsumoit sa grotte. Ainsi ceux qui ente ndent le mot thyon commes’il signifioit toutes fortes de parfums, se trompent grossièrement,d’autant qu’Homere joint le cedre &c la. rnélese ( 3 ) avec le thyondans le même vers, où il est manifeste qu’il ne parle que d’ar-bres odorants. Théophraste (4), le premier Naturaliste qui ait
mere, selon Pline,, a dit de Calypso ,Virgile le dit à-peu-près de Circé ,'Enéide , liv. 7 , v. 10 ;
Proxima Circex raduntut littora tcrcs ,
Dives inaccessos ubi Solis filia lucosAssiduo resonar cantu, tectifque superbisUrie odoratam noducna in lumina cedrum.
Nous allons donner une secondepreuve que Pline ne s’est point mé-pris , èc qu’il a en en vue un passaged’Homere tiré d’un Poème qui ne setrouve plus aujourd’hui.
(3) Le seul passage d’Homere quipourroit avoir rapport au passage ac-tuel de Pline seroit ce vers de l’Odys-sée, liv. 5 , v. 60 :
K sJ'piS T iVKíÒcTOtO Si* T* GCVX fìfsOf il ÚI it
£sa.top.\vm.
Or dans ce vers il n’est absolumentfait mention que áu cedre & duthyon , Sc nullement de la rnélese ;preuve irrécusable que Pline n’a pointeu en vue ce passage , mais un passagedré de quelque Poème d’Homere qui
nous manque, tel que le Poème in-titulé les Cypriaques 3 celui de la pe-tite Iliade j celui du Margîtes 3 celuides Cercopes , celui de la dejìrucliond’Œcadie 3 & quelques autres dont ontrouvera le dénombrement exact à Lltête de; sédition & traduction en versFrançois que je donnerai de ce Poète.,immédiatement après sédition de Pli-ne. C’e st violer toutes les vraisemblan-ces , Sc même les loix de la quantité ,que d’adtérer le passage d’Homere enquestion, & d’y lire avec le Pere Bau-douin :
KÍJ'/nx'lí , tíuiíijç 7í , Qvxlt , LcC.
Car 1 - devant víum; est bref, & nepeut former un spondée avec mu.
(4) Voici, sur Théophraste , unenote d’iuu Savant anonyme , laquellenous a été communiquée :
» Théophraste est souvent cité par» Pline:. On juge, par divers endroits» du N.aturaíiste Latin , qu’il a eu euu main plusieurs traités particuliers de