histoire NATURELLE, L IV. XIII. 95
rouge. On mange le noyau à part, car il est fore bon ; mais ilest encore meilleur dans du vin , & même son suc donne au vinun goût très agréable. L’Afrique intérieure (z) , jufqu’aux Gara-mantes &; aux déserts, produit de grands palmiers qui portentde très bonnes dattes. Les plus beaux fe trouvent dans le quar-tier où est le temple de Jupiter Ammon.
Mais c’est principalement vers Carthage que fe trouve le gre-nadier (3). IJ y en a de plusieurs fortes. On appelle apyrênes (4)les grenades qui n ont point de noyau. Elles font plus blanches queles autres ; leurs grains font plus doux (3), & séparés par des pelli-cules moins arriérés. Le dedans de toutes fortes de grenades estfait comme un rayon de miel. A l’égard des grenades à noyau,il s’en trouve de cinq efpeces (6) ; savoir , de douces , d’âcres , demêlées, d’aigres & de vineuses. Les grenades de Samos font dedeux fortes, & pareillement (7) celles d’Egypte ; car les unes vien-nent fur des grenadiers à feuilles rouges (8), & les autres fur der
des autres Ecrivains Latins écrivent,contre toute réglé , apyrïnâ pourapy rlna • témoin Martial, liv. 13 , Stliv. 41 :
Lecta suburbanis mittuntur apyrina ramis,
Non tibi de Libycis tuberes 6c apyrina ramis, &c*
(5) Pline , au liv. 2,3 , chapitre 6,donne aux apyrênes l’épithete de dul-cia. Au reste , il ne faut pas croire queles apyrênes soient absolument sansnoyau. Séneque , Ep. 85 , p. 368 ,nous avertit de ne pas prendre cettedénomination à la lettre : Sic sapiensimperturbatus dicitur , quomodo apy-rina dicuntur , non quia nulla inejl du-Titia granorum sed quibus minor.
(6) Dioscoride, liv. x , chap. 151 ,n’en reconnoît que trois efpeces , dul-cem j acidam , vinosam.
(7) C’est-à-dire que les grenadiers à
noyau font de deux efpeces, tant àSamos qu’en Egypte ; & qu’au climat’près , les efpeces d’Egypte font les mê-mes que celles de Samos. Cependantcomme la qualité pouvoit être diffé-rente , Pline compte les deux efpecesde l’Egypte pour deux genres à part ;tellement qu’au livre : 5 , chap. 14,notre Auteur comptera neuf fortes degrenades à noyau.
(8) Le Pere Hardouin soupçonneici que ce pourroit être à cause de cesfeuilles rouges que le grenadier a éténommé malum Punicum. Mais puisqueces grenadiers à feuilles rouges étoientune espace isolée, & que les six autresefpeces distinctes n’étoient point decette couleur, la conjecture du P. Har-douin n’est pas admissible : tenons-nous-en donc aux autres étymologiesénoncées, note 3»