HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIV. LOS
tiers du vin qui en est sorti, Sc en faisant cuire, jusqu a diminu-tion du tiers, ce qui aura été pressuré : c’est la maniéré dont lesGrecs font ce petit vin. La troisième sorte fe fait en pressurantla lie du vin. Aussi Caton (4) l’appelle-t-il vin de lie. Tous cespetits vins ne durent pas plus d’un an (5).
Des vins qui ont pris faveur en Italie depuis peu detems.
E n traitant cette matière, je viens à considérer que toutes lesdifférentes efpeces de bon vin que produit ce globe fe peuventréduire au nombre de quatre-vingts, ou environ ; Sc que de cesquatre-vingts sortes, il s’en trouve les deux tiers dans l’Italie feule;ce qui prouve combien elle surpasse en fertilité tous les autrespays du monde. Ensuite je fais réflexion que ces bons vins n’ontpas toujours été en réputation, Sc que leur vogue n’a commencéque depuis lan six cent de la fondation de Rome.
Si le vin a toujours été en usage dans certaines cérémonies.
Romulus faifoit fes libations avec du lait, Sc non (1) avecdu vin ; ce que l'on peut voir par les sacrifices qu’il a institués,dans lesquels on observe encore aujourd’hui les mêmes cérémo-nies qu’autrefois. La loi Poflumia (2.), qui est une de celles du
le décès de quelqu’un. Les loix pos-tumes de Numa font celles qui ne fu-rent publiées & reconnues qu’après famort. Le Pere Hardouin avance uneproposition des plus étranges , îorf-qu’il écrit : Postumia lex 3 à Postumiojudice lata 3 Numâ pr&eunte. Il n’en estpas moins fondé àreprendre Scaliger,qui rapporte d cette loi de Numa cesdeux vers de Catulle :
Ingcr m! calices amariores ,tic lex Postumis jubet magistre.
Tome V.
Le Pere Hardouin soutient, avec fon-dement, que Postumia est ici le nomd’une grande buveuse , maîtresse enfait d’mognerie. Au reste , cette dé-fense même de Numa prouve que l'u-sage d’employer le vin dans les liba-tions des funérailles avoir lieu de sontems. Ces aspersions étoient de touteantiquité parmi les Grecs. Voyez Ho-mere, Iliade j íiv. 1 $ , aux funéraillesde Patrocle. Virgile transporte cesmêmes usages aux Phrygiens. Voyez
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