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Tome cinquieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVI. J91

Quelquefois ces durillons font formés par (57) une pierre quiaura été reçue ou incorporée dans le bois, ou par une branche dequelque autre arbre qui fe fera jointe & unie à ce bois.

II y a eu (58) long-tems dans la place publique de la ville deMégare un olivier sauvage ,auquel de vaillants hommes avoient atta-ché leurs armes. Par la fuite du tems l’écorce de cet olivier vintà envelopper ces armes, & les couvrit entièrement. La destinéede Mégare dépendoit du fort de cet arbre, les habitants ayant étéavertis par l’Oracle que leur ville íeroit ruinée lorsqu un arbreauroit enfanté des armes ; & c est ce qui arriva lorsque cet oli-vier fut coupé (y 9), car on trouva des bottes &: des casques enfer-més dans fa substance. On dit que les pierres que l’on trouveainsi dans les arbres font bonnes pour empêcher les fauste s cou-ches (60)..

De certains madriers; de la grandeur de certains arbres;'de la perpétuité de certains bois ; de ceux qui Jont exempts ■de carie , & qui ne Je décomposent point par Le lapsede tems.

La plus grande piece de bois qui ait été vue à Rome-jusqu àprésent, est, à ce que l’on croit, celle que l’Empereur Tibere fitapporter, pour fa singularité, parmi d’autres madriers, & qu’il fitmettre fur le pont (1) des Naumachies, où elle demeura jusqu’autems où l’Empereur Néron fit bâtir son amphithéâtre (1). C’étoitune poutre de larix , de six vingts pieds de long fur deux pieds -d’équarristage dans toute fa longueur. On peut juger par-là de lahauteur presque incroyable de cet arbre, en estimant ce qu’il devoiravoir juíqu’à la cime. De notre tems on a vu, fous les portiquesde la place où s’astemble le peuple , une autre poutre remarquable yje veux parler de celle qui fut laissée en ce lieu, à cause de fa lin»-

(ij Dont nous traiterons au liv. 19, chap. 1..