HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI. 59J
Ostie (8). La grosseur de son mât étoit de quatre brasses de tour.On dit que ces grands mâts d 'abies coûtent jufqu’à quatre-vingtmille (9) sesterces la piece, & que beaucoup de radeaux du mêmebois en coûtent bien quarante mille (10). Les (n) Rois d’E-gypte (11) & de Syrie, faute d 'abies 3 se servoient de cedre, àce qu’on prétend, pour bâtir des flottes. Le plus grand cedre (13)dont il soit parlé, c est celui qui fut employé pour la galere duRoi Demetrius ( 14), laquelle avoir onze rangs de rames. II venoitde l’iste de Chypre. Sa longueur étoit de (13) cent trente pieds,& fa grosseur de trois brasses. Les pirates des côtes de Germaniecourent la mer fur des barques faites d un seul tronc d’arbre creu-sé, & quelques-unes portent jusqu’à trente hommes.
Les plus massifs (1 6) de tous les bois, & par conséquent lesplus pesants , font l’ébene Se le buis, qui néanmoins font naturel-lement menus. Ni l’un ni l’autre (17) ne nage (18) fur l’eau ,non plus que le larix (19), ni même le liege, ss on lui ôte sonécorce. Entre les autres bois, celui qu’on appelle à Rome lotos ,est le plus sec (ao) de tous ; ensuite c’est le chêne-roure, pourvu que
(17) Même étant desséchés. Théo-phraste , Hìjl. Plant. liv. 1, chap. 8.
(18) Théophraste dit cela de l’é-bene dépouillée de son écorce 3 &c dubuis, même avec son écorce.
(19) Cette assertion concernant lelarix est , ou paroi t être , empruntéede Vitruve. 11 faut se souvenir queThéophraste n’a eu aucune connois-sance du larix ; auílì ne dit-il rien iciqui indique qu’il ait eu cet arbre envue : & , d’autre part, Vitruve, dequi cette assertion sur le larix paraîttirée , observe expressément que le la-rix est une production proprç & parti-culière àl’ltalie. Pline n’a donc pointété fondé à faire de cet arbre Italiquele représentant d’une & même de plu-
sieurs especes proprement helléniques,& particulières à la Grece.
(zo) Théophraste ne dit point leplus sec j mais le plus dense ; il est vraiqu’il parle du lotos Africain. Pline,encette occasion, n’auroit-il eu fous lesyeux que quelque traduction Latinede Théophraste? II proteste a u com-mencement du livre actuel, chap. 1 o,que , dans l’interprétation des nomen-clatures Grecques , il déférera á l’avisdes Ecrivains Latins les plus accrédi-tés ; condescendance qui, comme nousl’avons vu, a souvent été chez lui unesource d’erreur. Voici ses paroles :Nec conflat auctoribus quod, cuique ge-neri tribuant : nos is a Romano discer-nimus arbitrio.
F f f f ij