HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. J t
nique le vin donc les hommes font usage. Tels sont les différentsmoyens dont on se sert à Tenvi pour engraisser les terres. Après (17)le fumier humain, on met au premier rang celui de porc. Colu-melle est le seul ( 18 ) qui le réprouve. D’autres estiment tout fumierde quadrupede , pourvu que Tanimal ait été nourri de cytise. Quel-ques-uns (ip) préfèrent à tout autre engrais la fiente de pigeon.Le fumier de chevre (zo) occupe le second rang ensuite; celui demouton le troisième ; celui de bœuf le quatrième -, celui de che-val le dernier. Voilà de quelle maniéré les Anciens différencioientle fumier ; & tels font les préceptes qu’ils nous ont laissés fur Tu-fage qu on en peut faire : or, en cette matière, comme en beau-coup d autres, ce qu’on peut faire de mieux, c’est de prendre lesAnciens (11) pour guides. Dans certaines provinces singulièrementabondantes en bétail, pour fe servir du fumier, on le crible commela farine, après savoir laissé sécher. De cette maniéré il perd, àla longue, fa mauvaise odeur & son aspect dégoûtant, & devientmême assez agréable à la vue. On a découvert depuis peu queles oliviers s’accommodent parfaitement bien de la cendre des foursoù Ton cuit la chaux (zz).
Varron (u*) recommande d’employer pour les terres à bled lefumier de cheval , parcequil est le plus léger j & pour les prés ,un fumier plus pesant, & qui soit dû aux bêtes qui mangent deforge (13), parceque ce fumier dispose le fol à produire beaucoupd’herbes. Quelques-uns même préfèrent le fumier de cheval àcelui de bœuf, celui de mouton à celui de chevre, & celui d’âne (14)
à Tamélioration des plants d'oliviers,selon Topinion de Columelle, liv. 5 ,chap. 9 : Solent etiam vitia soli fructumoles, necare : cui rei fie medebimur. Al-tis gyris ablaqueabimus eas 3 deindecalcis pro magnitudine arboris plus mi -nufve circumdabimus ; sed minima ar-bor modicum pofiulat.
(zz*) Liv. 1 de re rufi, chap. 38,
où cet Auteur écrit : Minime bonumequinum 3 sed in segetes : in prata enimvel optimum , ut csterarum veterinarumqus hordeo pascuntur , quod multam fa-cit herbam.
(13) Et nommément aux chevaux,aux mulets, &c. Voyez Columelle,liv. 1, chap. 15 , p. 71.
(14) Columelle, ibid.
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