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Tome sixieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVII. IOI

De la maniéré (Tenter en greffe & en éciffon.

C’est austî la Nature qui a enseigné aux hommes à enter pargraine; car quelquefois les oiseaux alhunés avalent la semence (i)d’un fruit dans fcn entier. Cette graine est d’abord humectée dansl’estomac : de la elle passe dans les secondes voies , d’où elle fortmêlée avec la fente qui sert à la féconder : en tombant, il luiarrivera fortuitement d’être déposée dans les four c hures des arbres ,d’où il n’est pas rare que le vent la transporte & l’insere dans une desfentes de l’écorce. C’est de cette maniéré que nous avons vu descerifers croître fur des saules, des platanes fur des lauriers, deslauriers fur des cerisiers , & des baies de diverses fortes fur unmême arbre. On dit que la corneille donne lieu au même phé-nomène , en laissant tomber des graines dans des creux d’arbres.

Pour imiter ce jeu de la Nature, on ouvre avec un couteau sembla-ble au tranchet d’un cordonnier, le bourgeon d’un arbre, en coupantune certaine portion de l’écorce \ & dans cette ouverture on met unegreffe que l’on aura enlevée d’un autre arbre avec le même instrument.Voilà de quelle maniéré on entoit autrefois par inoculation (z) les

ii sabord une idée juste. On peut ré-3i server pour la pratique le menu dé--- tail de toutes les précautions qu’onii y doit prendre.

» i °. La façon de greffer la plus an-» tienne consiste à étèter un arbre en-3i tier, ou seulement une maîtresse3i branche , à en fendre la tige avec unn fort couteau qu’on enfonce à coups

de maillet, à donner ensuite quel-3i que profondeur à la fente, par len moyen d’un coin , & enfin à insérer« dans cette fente une branche d’ar-» bre de bonne nature , qui ait ait« moins trois bons yeux , c’est-à-diren t rois nœuds ou tumeurs qu’on fait

n renfermer autant de paquets de3i feuilles. L’extrémité de la bonne» branche doit avoir été applanie. Onsi fait en forte , en la plaçant dans la« fente , que l’écorce en soit d’un-, côté justement opposée à l’écorce-, du sujet qui la reçoit.

a La nécessité de tenir les entre-» deux de l’écorce & du bois, tant de-- la greffe que du sujet, exactement-- opposés , est fondée fur ce que c’est-- l’union de la fine écorce de l’uneii avec la fine écorce de l’autre, qui les„ incorpore. Cette fine écorce est com-3i posée de plusieurs lits très minces ,-- qui font appliqués les uns fur les