Io8 NATURALIS HISTORIA LIB. XVII.
ex aliena fecere vitam , apparuitque truncum esse proterra.
-, traire , dans les terres humides , &» dans lesquelles l'eau est fort voisine-, de la superficie de la terre, on ne» greffe la pèche òc l’ abricot que sur-, le prunier, parceque les racines de„ l’amandier , en s’enfonçant, trou-» veroient l’eau qui les pourriroit.
„ Tels font les principes de I’artde-, greffer. Mais la diversité des terreins„ & de l’aspect du ciel , jointe aux,» connoiífances & aux expériences de-> chaque particulier, peut autoriser-, diverses exceptions dans la pratique.„ Au reste , la plupart de ces métho-„ des font d’une exécution aisée, &» d’un succès presque certain. Mais», quelque simple qu’en soit l’opéra-» t ion , rien n’est plus merveilleux» que l’eftet qu’elle produit.
» Par cette merveille , je n’entends» pas, par exemple, de faire venirs, une tète de pommier fur un plane ,» ou des faines de hêtre fur un châ-» taiguier, ou des poires fur un orme,« ou des raisins fur un buisson:
Et steriles pUrar.i malos geílere valentes,
Castaneas fagos, ornufque incanuit albo
Flore piri. Georg . r..
s. Ce font là des monstres plutôt que-, des merveilles ; ou du moins n’y« ayant dans ces sujets aucun suc con-« venable aux fruits qu’on en veut» tirer , tout ce qu’on feroit venir de» la forte ne feroit que forcé, de mau-5 , vais suc, & , n’étant bon à rien , ne« pourroir ctre regardé que comme,» une curiosité stérile. Je ne parle pas» non plus de ces agréables bigar-», r ures que quelques curieux recher-
55 chent dans leur jardin, comme d’a-» voir à la fois des abricots, des pê-» ches & des prunes fur un aman--> dier ; des merises, des guignes, des» cerises , des griottes & des bigar-» reaux fur un merisier. Ces afforti-» ments font très aisés à faire fur les>, arbres qui ont avec les greffes quel-» que juste affinité. Mais le grand ob->, jet demon admiration , c’est de voir» un mauvais arbre fe convertir tout-» à-coup en un bon, & un bon arbre» fe changer en un plus parfait. Selon55 l’exacte vérité , l’arbre ne change55 point. La tige du sauvageon de-,5 meure toujours sauvage , & tout ce„ qu’on en laissera sortir sera encore,5 sauvage après l’enture. La branche» entée conserve aussi sa nature : mais« cependantde l’union dccettebonne» branche avec le sauvageon qui la» nourrit, il résulte qu’on recueille„ de bons fruits fur un mauvais arbre,» ce qui donne un juste sujet de dire» que cet arbre est changé ou perfec-« rionné.
„ Une plante tirée du fond des boisn se corrige de son humeur sauvage &„ se défait quelquefois de ses épines55 dans la société d’une plante domes--, tique. Celle-ci se perfectionne par5, le commerce qu’elle a avec une au-» tre plus douce entée fur elle. Peut-» être même cette troisième acquiert-» elle un nouveau degré de bonté:j lorsqu’on lui retranche son feuilla-» ge , & qu’on la greffe sur elle-mê-» me. Pour le sûr , elle peut fe regar-» nir elle-même dans les lieux où elles, étoit disgraciée par un vuide. J’aime