HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. IOA
fichés dans ce lierre, y reprirent vie, & se nourrirent de sa seve,se trouvant (y) n’avoir pas moins profité ques’ils eussent été plantésen terre.
» à voir l’hoinme au milieu des plan--> tes d’un jardin spacieux, occupé à» réformer, par une méthode certai-» ne, des naturels agrestes & revê-» ches , bannir une espece de son» royaume , y en admettre une autre ,» 6c ne donner droit de bourgeoisie» qu’à des sujets utiles. 11 forme des» alliances entre ces plantes : il mé-» nage des adoptions qui réunifient" des familles divisées , & illustre» celles qui n’étoient pas employées.» Par-tout, à la barbarie & à la tusti--- cité, il substitue la politesse , la-> bonté 5c la douceur. On prendroit» notre jardinier pour un Législateur" qui entreprend de civiliser tout un
peuple sauvage
Voici encore d’autres instructionsfur la greste , tirées d u Jardinier Fran-co s, p. 45 & suivantes.
» 11 y a une grande sujétion à bien» choisir les greffes ; car de là dépend» que les arbres portent prompte-?> ment, ou font quelquefois jusqu’à» dix ou douze ans fans porter.
-- Les meilleures greffes font celles" qui font au bout des plus fortes 5c» maîtrefies branches d’un arbre quij> a coutume de bien charger à fruit,j> & que vous voyez disposé à porter
beaucoup cette année-là ; car de là>' dépend que les jeunes arbres que=» vous en greffez, ont d u fruit dès la
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seconde ou troisième année, 5c parfois dès la premiere.
» Comme, au contraire, si vousprenez une greffe fur un jeune arbrequin’ait pas encore porté fruit, ce-lui que vous en grefferez ne rappor-tera de long-tems après.
» La greffe pour l’écuffon doit êtrecueillie dans le mois d’Août en dé-couss , & greffée en même tems :pour réglé plus certaine, en ne s’ar-rêtant pas tan t à la lune, c’est quandvos sauvageaux 5c francs font en laforce de leur seve : car l’écuffon esttoujours a fiez bon ; mais le sauva-geau manque bien souvent à êtredisposé à le recevoir, fuite de seve ;ce qui arrive quand l’été est par tropsec, que les arbres ne pouffent point,ou fort peu , en la seve d’Août :c’est pourquoi si vous avez quan-tité d’arbres à greffes , ne perdezpoint de tems, 5c commencez debonne heure.
" Vous connoîrrez si le sauvageauest au fort de sa seve en deux fa-çons : l’une en incisant l’écorceavecle petit couteau ou en toit, Sc levantl’écorce de l’arbre j si elle quitte lebcis, il y a de la seve ; si elle ne lequitte point, attendez qu’elle soitmontée, car vous ne le feriez quegâter: l’autre est quand on voie aubout des branches des sauvageauxles feuilles de la nouvelle seve être
( 5 ) Ceci est puisé chez Theophraste, de Caujìs , liv. i , chap. 6 , p. 104 j Scliv. 2 , chap. 1 y, p. 255 .