HISTOIRE NATURELLE, LIV. XV IJ. 169
& on les lie exactement, ayant grand foin toutefois que les bour-geons ne souffrent aucun tort : ensuite on plante la marcotte dansune terre mêlée de fumier ; & lorfqu’elle a commencé à jetterdu bois , on la coupe , & on beche souvent la terre. Columelleassure (2.8) que les raiíins que produira ce plant n auront point depépins. II est néanmoins très surprenant que des marcottes puissentvivre ainsi privées de leur moelle : &; à cette occasion, je ne doispoint passer fous silence que les fions de certains arbres qui n’ontpoint de moelle (2.5>), ne laissent pas de reprendre ; car si, parexemple, on lie ensemble cinq ou six petits brins de buis (50),& qu’on les plante, ils reprendront sûrement. Nos Anciens vou-loientque ces brins fussent d’un buis qui n’eût jamais été ébranché,ne croyant pas que fans cela ils pussent vivre : mais l'expériencea fait voir la fausseté de cette opinion.
Après avoir enseigné à planter la vigne, montrons à la gou-verner. II y a cinq sottes de vignes : les unes font courantes (31);les autres fe soutiennent d’elles-mêmes (32.) fanséchalas; les au-tres font échalassées fans être en treille ; les autres font échalaf-sées, &: à simple treille ; & les dernieres font en treille à quatrepans (33). La façon de cultiver les vignes échalassées a ausslieu pour celles qui fe soutiennent d’elles-mêmes fans échalas ;car, au surplus, si l’on n’y en met point, ce n’est que parcequ’onmanque de bois. Les vignes à simple treille donnent le meilleurvin (34); car, comme elles ne fe font point d’ombre à elles-mêmes, elles font plus exposées au soleil & au vent , qui, parce moyen, en enlevent plus promptement la rosée. D’ailleurs ona moins de peine à les effeuiller , à les bêcher & a y faire tousles autres travaux. Mais fur-tout elles ne font pas si sujettes à
Columelle a dit d’elles , liv. 5 , ch. 4, (33) Voyez Columelle , ibïd. Sc li-
p. 178 : Velut arbuscula brevi crure vie 4, chap. 17.
per [estantes, &c. (34) Columelle , liv. 4, chap, 19.
Tome VI, ^ Y