HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. 2.2. Z
qu’après avoir été taillées, elles font surprises du froid, qui brûleleurs bourgeons. Elles font aussi quelquefois malades dune chaleurvenue à contre-tems; car il faut en toutes choses un certain tempé-rament , un certain régime. Les vignes ont encore (40) d’autres mala-dies par la faute des vignerons ; comme lorsque ceux-ci coupent mal-à-propos les bourgeons , ainsi que nous avons dit plus haut (41) ; oulorfqu’ils blessent la vigne en bêchant à l’entour ; ou lorfqu’entla labourant, ils arrachent les racines ou écorchent les ceps ; oulorsqu en taillant (42.) la vigne avec une serpe mal aiguisée , ils luicausent des contusions., font quelle a plus de peine à supporterle froid & le chaud, les plaies qu elle a reçues la rendant plussensible aux injures du tems.
Le pommier est un arbre d’une complexion très (43) foibíe,principalement celui qui porte des pommes douces. II y a des arbresque l’assoiblissement rend stériles, mais qu il ne fait pas mourir.Par exemple , si l’on coupe la cime d’un pin ou d’un palmier, ilsdeviennent stériles^ mais ils n’en meurent pas (44). Quelquefoismême (43) la maladie attaque feulement les fruits, fans que l’arbres’en ressente ; comme lorsque dans les tems convenables, il ne pleutpas, ou qu’il ne fait pas de chaleur ou de vent : car alors lesfruits tombent ou fe gâtent. Le plus grand malheur pour la vigneôl l’olivier ,c’est (46) d’être frappés de la pluie lorfqu’ils défleurissent 3car de là s’enfuit l’écoulement (47) du fruit.
En outre, les pluies donnent naissance aux chenilles (48), quifont si pernicieuses aux arbres, &: dont (49) les unes rongent lesfeuilles, d’autres les fleurs, &, après avoir tout consumé, laissentles arbres dans un état qui fait horreur. II n’y a pas jusqu’aux
miers chapitres du livre 13. VoyezTheophraste, ibid. & au livre j , deCausis j chap. 24, p. 349.
(45) Theophraste , ibid.
(46) Theophraste , ibid. & liv. 5 ,de Causis y chap. 14, p. 338.
(47) Nos gens de la campagne ap-pellent cette maladie coulure.
(48) j Eruca répond ici au mot kam-pai j chez Theophraste, Hisi. Plant.liv. 4, chap. 16.
(49) Tous ces détails font tirés deTheophraste, ibid.