HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVII. LZ Z
cytise lui-même. II y a (ioi) des plantes qui, à la vérité, netuent pas les arbres , mais feulement leur nuisent , ou par leurodeur, ou par la qualité de leur suc. C’est ainsi que le raifort (101)&: le laurier nuisent à la vigne. En effet, celle-ci est merveilleu-sement sensible (103) aux odeurs, 6c susceptible de s’en affecter :de là vient que si elle se rencontre auprès du raifort ou du lau-rier, elle s’en détourne, & recule, pour éviter une odeur quelleabhorre. C’est (104) d’après cette observation qu’Androcyde a ima-giné de faire manger du raifort (ioy) aux personnes surprisesd’ivreffe. La vigne déteste pareillement les choux, toutes les plan-tes potagères, &c même, parmi les arbrisseaux, le coudrier (106)3de forte que si elle se trouve à leur voisinage, jamais elle ne seporte bien. Le nitre , l’alun, l’eau marine chaude, les gousses defeves (107) ou d’orobe , font des poisons pour elle , 6c la fontmourir.
De certains prodiges concernant les arbres ; d’un vergerd’oliviers qui fut transporté entièrement d’un côté dugrand chemin à l' autre,
O n peut mettre parmi les infirmités des arbres, certains casextraordinaires qui leur arrivent. On a vu ( r ) des arbres qui n’a-voient point de feuilles ; un cep de vigne, 6c un grenadier, dontle fruit étoit attaché immédiatement au tronc, & non pas auxbranches ; un autre cep de vigne qui étoit chargé de raisins, fansavoir de feuilles 3 des oliviers (z) qui avoient perdu leurs feuilles
Î 'hraste. Voyez la note précédente, &a note 101.
(106) De là le précepte de Virgile,Géorg. liv. 2, v. ipcj :
Neve inter vites corylum fere,. . .
(107) Ce que dit ici Pline, à l’égardTome V1.
des gousses de feves, est emprunté deThéophraste , liv. 5 , de Caujìs , ch. 21,P- 347-
(1) Théophraste , Hijî. P ! ant. 1 , 1 ,chap. 4.
(2) Théophraste, ìbìd.
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