HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 2.6l
qui ne volent que dans les ténèbres, & dont les cris lugubrestroublent le repos de la nuit ; & à ces animaux de mauvais augure (8),qui , auslì-tôt qu’ils paroiílent, rompent toutes les entreprises.Mais comme la majesté de la Nature se montre plus libérale àproduire des choses utiles & salutaires ( ce qui se remarque prin-cipalement en fait d’aliments ), elle a produit aussi un plus grandnombre de gens de bien & d’honneur, qui font notre consolation& notre joie. C’est pourquoi, laissions s’aigrir & fermenter (9)cette î : e(io) des hommes, & continuons d’expliquer les œuvresde la Nature. C’est à quoi nous travaillerons avec d’autant plusde courage , que nous cherchons plutôt ( 11 ) à faire quelquechose d s bon & de profitable, qu à nous acquérir de la réputa-tion. Nous allons donc parler des travaux de la campagne, c'est-à-dire de détails traités aujourd’hui de rustiques , mais qui, chezles Anciens, étoient en singulier honneur.
De quoi fui composée , a Rome , la premiere couronne ( 1 ) .
Un des premiers ordres qu’institua Romulus, fut (2) celui de
Cicéron ( pro C acina') : Quanta ìn turbaquantaque in confufione rerum omniumviveremus. C’est pourquoi Ulpien ob-serve que turba est synonyme de per-turbatio ; ee qu’il articule en ces ter-mes : Facium efi ut perturbationem ap-pellemus turbam. Le Pere Hardouin,qui fuit la leçon hominum turbis 3 n’enavoit nullement compris la significa-tion.
(11) Ceci pourroit être une critiqueindirecte de Tite Live. On peut serappeller d’avoir lu dans la Préface àTitus ( si toutefois cette Préface est dePline ) : Profiteor mirari me T. Li-vium .. .fie orsum : fiatis jam fibi glo-ria qusfiturn . .. Majus meritum effet ,operis amore , non animi causa perse-verasse , &c*
(1) II est à peine question d’aucnnecouronne dans ce chapitre , lequelcomprend des détails beaucoup plusintéressants, que celui de la prenuerecouronne en usage chez les Romains.Mais il faut toujours fe souvenir quePline n’est nullement sauteur des ti-tres qu’on a jugé à propos, depuis plu-sieurs siécles , de mettre aux diversessections apparentes de son ouvrage : &ces sections elles-mêmes font la plu-part du tems très arbitraires , ou mê-me faites à faux , comme j'ai eu plusd’une fois occasion de le faire obser-ver. Le vrai titre du chapitre actueldevroit être : En quel honneur étoitl'a*griculture che £ nos dieux.
(2) Ecoutons Aulu-Gelle, liv. 6 ,chap. 7 , p. z 77 : Sabinus Masurius in