Band 
Tome sixieme.
Seite
265
JPEG-Download
 

HISTOIRE NATURELLE, LI V. XVIII. z6$

«de la sorte , parceque dans ces jours-là chacun faiíoit rôtir sonbled au four : il institua , de plus, les fêtes Terminales à l'hon-ireur du Dieu qui préside aux limites des champs. Ces deux fêtesétoient religieusement observées (9) ; car en ce tems-là les do-mains connoist'oient principalement les Dieux champêtres : témoince Dieu Terme, ainsi nommé parcequ’iiprésidoit au terme, c’est-à-dire à la borne ou limite d’un champ : témoin encore la DéesseSeja (10) qui prit son nom de la semaille du bled; & la DéesseSegesta ( 11 ), qui prit le sien du mot seges , moisson. Nous voyonsencore dans le grand Cirque les statues de ces deux Déesses.Quant à la Déesse Segesta , il n’est pas permis de la nommer àmoins qu’011 ne soit dans les champs (iz). Enfin on ne goutoitni bled nouveau ni vin nouveau que les Prêtres n en eussent faitdes offrandes ôc des libations (13) aux Dieux.

gustin , Macrobe , Sc d’autres Criti-ques , auront confondu la Déesse Se-gsjìds qui préside aux moissons, avec laDéeíle Sejetïa , qui n’est autre que laVictoire, & dont les médailles fontmention. En effet, fur une médailled’argent de Salonina Augusta , on voltun arc de triomphe fous lequel estimeDivinité les bras étendus, qui ne fau-roit être que la Victoire ouvrant sesbras pour recevoir des tributs & desdépouilles. Cette médaille étoit dequelque ville Gauloise. On sait queles Celtes appelloient la Victoire SegSc Sig. Encore aujourd’hui les Alle-mands l’appellent Sïeg. Le PereHar-douin donne de cette médaille uneinterprétation bizarre, que nous nenous arrêterons pas à réfuter. Au reste,

on comprend assez que le même motqui exprimoit la moisson , pouvoir,chez d’autres peuples , exprimer lavictoire ; car chez les Celtes, cetoitla victoire qui donnoit la moision ; ScPline vient d’obferver que la plus an-cienne couronne qui ait été connue desRomains , c’étoit la couronne d’épis.

(1 z) C’est qu’on eût tiré à mauvaisprésage si quelqu’un eût appelle lamoisson dans la ville ; car la moissond’une ville, c’est le pillage. Voyezd’autres raisons hasardées par le PereHardouin , édition iri-fol. tome z ,p. i;o.

(13) Ainsi que le ditTibuile, E leg. 1,liv. i :

Et quodcumquc mïïiì pomum novus cducaí annus ,libatum agiicolac- ponitur antèDco*

L t

Tome FL