HISTOIRE naturelle, LIV. XVIII. 1 69
ancêtres, qui étoit un excellent bouvier so). Dans la cérémoniedes noces, il n y avoir rien de plus sacré que surdon qui se cou-tractoit par f offrande d’un gâteau de farine de froment ; acte quisappelloit confarréation (10). Voilà pourquoi onportoit devant lanouvelle mariée un gâteau de cette farine.
Celui qui cultivoit mal son champ, étoit (11) puni par lesCenseurs : comme rapporte Caton (11), on ne croyoit pas
pouvoir mieux louer quelqu’un, qu’en disant qu il étoit un bonlaboureur. De là vient qu’en Latin on a appellé un homme richelocuples , comme qui diroit loci plenus ; car les anciens Latinsappelloient un champ locus. Le mot pecunia , argent, vient depecus (13), petit bétail. Encore aujourd’hui, dans les registresdes Censeurs, toutes les choses dont le peuple Romain tire desdroits , font nommées pâturages, parceque les pâturages firentlong-tems son seul revenu. Les amendes (14) ne se payoient qu’enmoutons ou en boeufs : ce qui montre la douceur des anciennesìoix ; car elles défendoient aux Juges d’impofer une amende enbœufs avant d’en avoir imposé en moutons. On célébroit enl’honneur des bœufs des jeux appellés Bubetiens. Le Roi ServiusTullius fut le premier (15) qui fit battre de la monnoie d’airain,
en étoit quitte pour un seul. Touteamende en mouronssupposoit un délitde peu de conséquence : mais la grandeamende étoit de trente bœufs, & n’ex-cédoit jamais ce nombre ; & comme cestrente bœufs représentoient alors unesomme de cent vingt livres seize sols(monnoie de France), l’amende ma-jeure fut fixée à cette somme lorsqueî’usage de la monnoie fut plus com-mun. Voyez Festus, au mot Mulcla ;Aulu-Gelle,L 11, chap.t, p. z77; ScDa Cange ( GloJJ'. ), au mot Vacca.
(15) De tems presque immémorialla monnoie Phénicienne représentoitun taureau ou bœuf traversant une
mer, & sur le dos duquel étoit unejeune fille j emblème qui fut inter-prété par les Grecs comme une tradi-tion de Jupiter enlevant Europe.Mais , comme je l’ai observé dans mesOrigines Uriennes _, il y a lieu de croireque cette Europe , qui traverse ainsi lamer, ne désigne autre chose que l'é-poque du premier pallage de la jeu-nesse Européenne en Asie. Les Athé-niens , peuple très ancien, macquoienfauíîì leur monnoie d’un bœuf j témoinle proverbe bovem habet in lingua yqui se disoit contre les Orateurs quise laisioient corrompre. Voyez Esy-chius, p. !§7 ; le Scholiajìe d’Aúíto-