Band 
Tome sixieme.
Seite
285
JPEG-Download
 

histoire naturelle, LIV. XVIII. 285

qu’il ne faut pas acquérir un domaine dans les lieux les plus fer-tiles s’ils font mal-fains, ni dans les lieux les plus sains s’ils fontstériles. On ne connoîc pas toujours la bonté de l’air d’un lieu parla couleur des habitants ; car ceux qui font accoutumés à un airpestilentiel, ne laissent pas d’y vivre. II y a aussi des endroits oùl’air n’est bon qu en certain tems de Tannée : mais on ne doit regar-der comme un bon air, que celui qui toute Tannée est tel. Unfonds est (7) mauvais quand il donne beaucoup de peine à sonmaître. Ce que Caton (8) demande principalement, c est que leterroir soit naturellement bon, & situé comme nous Tavons ditailleurs (9) ; qu’il y ait près delà beaucoup (10) de gens de travail,Lc une ville considérable ; que le transport des denrées soit facilepar eau ou par terre ; que le domaine soit bien bâti &: bien cul-tivé : en quoi je vois que la plupart des gens se trompent, s’ima-ginant que la paresse d’un maître qui néglige ses terres est fortavantageuse à celui qui les achete ; & toutefois rien n’est plusdommageable que d’acheter un domaine qui est en mauvais état.Voilà pourquoi Caton conseille (n) d’acheter toujours d’un pro-priétaire soigneux, de ne pas mépriser légèrement les travaux& la méthode de ses devanciers.il ajoute qu’un domaine qui est d’unegrande dépense, quoiqu’il rapporte beaucoup à son maître, ne sautoirlui etre que d’un très mince profit, de même qu’un homme tropdépensier n’est jamais riche. Le même Auteur (iz) estime , avecraison, que le revenu de la vigne est le plus considérable : & j’ap-prouve cette décision, en ce que la vigne n’oblige pas à trop dedépense ; ce qui est le grand but de Caton. Après la vigne , ilmet les jardins bien arrosés ; en quoi il a raison, pourvu qu’ilssoient auprès d’une ville. Les prés sont austi d’un très bon profit :c’est pourquoi les anciens Latins les nommolent parata {1 z) au lieu

non consentiunt omnes quod alù dant nec magnum laborem defiderarent , écritprimatum bonis pratis , ut ego quoque : Columelle, liv. %, de re rujf. ch. 17»à quo antiquiprata parata appellarunt ^ p. 74:011 bien, selon d’autres C r ici—& c - ques, quod qu&Jlûs essent parati & cer*

(13) Quod protinus essent parata x tijjcmi ,.