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Tome sixieme.
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HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVIII. L9/

qu il n’acheta jamais le champ de son voisin. Magon dit que celuiqui fait l’acquiíition d’un bien de campagne, doit (17) vendre samaison de la ville, & c'elì même par cette maxime qu’il débutedans son traité d’agriculture ; sentence dure & difficile à con-cilier avec futilité publique. 11 semble que Magon ait voulu seule-ment faire entendre, en llyle énergique , combien il importe à unpropriétaire de résider souvent à sa campagne.

Ensuite il faut choilir un bon métayer. Caton a donné (18)sur ce choix beaucoup de préceptes. Pour moi, je me contenteraide dire qu’un métayer doit être presque auffi habile que son maître,& cependant ne pas se croire tel (19). Rien de plus mal avisé quede faire cultiver ses terres par des esclaves ; car ce que font desgens désespérés, ne vaut jamais rien. Les Anciens disoient unechose qui semblera téméraire, & peut-être même incroyable, savoir,qu’il n’est nullement avantageux de li bien cultiver sa terre. LuciusTarius Rufus, homme de très basse naissance, & qui néanmoinsparvint au Consulat (zo) à cause de son habileté dans la guerre,étoit extrêmement ménager, de forte qu’il amassa, tant de sesépargnes que des libéralités de l’Empereur Auguste , environcent millions de sesterces (21), qu’il employa à acheter des terres& à les faire cultiver dans la derniere perfection : mais il s’épuisa& se ruina tellement par ce moyen, que personne ne voulut seporter pour son héritier. Qu’en conclure? Que l’on doive, en vertud’un tel exemple, négliger la culture de ses terres, & se laissermourir de faim? Non, très certainement,non : mais je dirai qu’ilfaut en toutes choses garder un juste milieu. II est nécessaire debien cultiver la terre : mais il est préjudiciable d’y apporter tropde façon, à moins qu’on réemploie à ce surcroît de travail sesenfants, ou son métayer, ou les gens qu’on est obligé de nourririndépendamment de cet objet ; car íì les frais de culture font tropconsidérables, il est constant qu’alors il vaut mieux n’avoir rien àrecueillir. II y a même des sortes d’arbres fruitiers, tels que l’o-livier (22), qu’il est quelquefois imprudent de ne point abandonner