histoire naturelle, li y. xviii. 309
grain croît dans une efpece de houppe ou de grappe éparpillée &garnie de filaments. II y a plusieurs sortes de panis. Celui qu’onnomme mammeux (io), jette de fa grappe plusieurs petits chatons fil est remarquable par fa double tête. II y a auflî du panis blanc,du noir, du roux, & même du purpurin. On fait plusieurs sortesde pain (zi) de millet; mais on en fait rarement (2,2) de panis.II n’y a point de bled plus pesant que le millet, ni qui s’enfleplus en cuisant. On fait d’un boisseau de ce grain soixante livresde pain ; & de trois setiers de ce même grain mouillé, plein unboisseau de bouillie. Depuis dix ans on nous a apporté des Indesune forte de (23) millet qui est noir, qui a le grain très gros, latige fort grande & semblable à celle d’un roseau. II croît jus-qu’a la hauteur de sept pieds. Ses gousses ou grappes se nommentphobès (24). C’est le plus fertile de tous les bleds ; car un seulgrain en produit jusqu à trois setiers. II veut être semé dans des lieuxhumides.
II y (2y) a des bleds qui commencent à former l’épi au troisièmenœud, & d’autres au quatrième , fans qu’alors cet épi paroisseencore. Le froment ordinaire est à quatre nœuds ; le fromentappellé far en a six, & forge huit, Or, c’est à quoi il faut bienprendre garde; car ces bleds-là n’épient jamais avant que d’avoir
milium arundinaceum 3 subrotundo se-mine 3 sorgho nominatum 3 deBauhin,Pin. 16 ; Moris. His. j, p. 196, s. 8,ï. 5 , f. 7 ; ou le sorghi de Bauhin,His- 2 , p. 447. Toutefois voici unenote manuscrite de M. Jault qui doitsuspendre notre jugement sur la ques-tion présente : >- Dodonée, dit-il, a*» cru. mal-à-propos, que ce millet" d Inde dont parle Pline étoit le» meme que le mais ou bled jaune 3« appelle vulgairement, quoique fans” raison, bled de Turquie 3 puisqu’il" ne vient ni de Turquie ni d’Asie,
n mais des Indes occidentales, c’est-» à-dire de f Amérique. II paroîc» ( ajoute M. Jault ) que les Anciensw n’ont point connu ce bled ».
(24) Je lis au texte phobas 3 par lesraisons indiquées note 19. Les ma-nuscrits portent lobas ; je les crois icien faute, & je déféré à la conjecturetrès plausible du Pere Hardoum.
(25) Ceci est emprunté de Théo-phrafte, Hïs. Plant. liv. 8 , chap. 2 36 c confirmé par Columelle, livre z ,chap. iz, p. 67.