HISTOIRE NATURELLE, LI V. XVIII. 3 T 7
le sandala des Latins. Le grain en est très net; en outre il estsingulièrement recommandable en ce qu’il rend par boisseau prèsde quatre livres de pain de plus que tout autre far. Selon Verrius,le peuple Romain, pendant trois siécles, n’employa point d’autregruau que celui de froment.
Ily a plusieurs fortes de froments que l’on distingue par les noms despays. Mais je ne pense pas qu il y en ait de comparable à celui d'Italie,en blancheur & en pesanteur, qui font les deux ( j S) qualités essen-tielles de ce grain.II n’y a jamais eu que le froment des quartiers mon-tagneux d’Italie qui ait souffert quelque parallele avec les fromentsétrangers, dont le plus estimé étoit celui de Béotie,puis (59) celuide Sicile, puis celui d’Afrique. Le froment de Thrace, de Syrie &d’Egypte ne renoit que le troisième rang en pesanteur : ces rangsavoient été ainsi réglés par les athlètes, ces hommes d’une ampleurcolossale, & qui mangoient autant que des bêtes de somme ; car ( 6 o)on leur donnoit plus ou moins de froment pour leur nourriture ,selon que ce bled étoit plus ou moins pesant. Les Grecs estimoientbeaucoup le froment de la province de Pont : toutefois on nele connoît point en Italie. Ces mêmes Grecs estimoient par-dessustout . le froment-(61) Dracontien , le Strangien & le Sélénuíìen.Ils difoient que ces efpeces ayant le chaume fort gros, il falloirles semer dans un terroir gras ; & que celles qui ont le chaume
lite tel que les Gaulois d’Italie l’appel-loient. Or il est probable que les Gau-lois d’Italie appelloient le fromentrob , d’où les Latins auront fáit robus;car encore aujourd’hui plusieurs na-tions , & les Anglo-Saxons entre autres, appellent le froment typ , commel’observe M. Ihre, tome 2., p. 384 :ainsi le robus de Q,o\umç\\ç, pondere &nitore pr&jlans 3 n’est autre que le fro-ment par excellence ,e’est-à-dire le tri-ticum Italicum candore ac pondere pr&ci-puum de Pline. J’aurai occasion de re-prendre encore cette question sur la findu chap. 8.
(59) Ceci est emprunté de Theo-phraste, liv. 4, de. Causis , tant à le-gard de la Sicile qu a 1 égard de laBéotie. '
{60) Car on leur donnoit , &c. &c-J’ajoute ceci pour mieux faire com-prendre ce que Pline a voulu dire. Aureste, l’interprétation que ,-e donnes’appuiesurun passage former deThéo-phraste , Hisi. Plant. liv. i> , cb .c(61) On lit ici des dénominationde froment toutes différentes chezThéophraste , ibid. car il nomme cesfroments d’élite , Kankhrydia 3 Stlen-g.crs j & Alexandreios.