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Tome sixieme.
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histoire naturelle, LIV. XVIII. 311

rend trente-cinq livres de pain. II y en a d’autres qui ont ce poidslorsqu on en mêle de deux sortes ensemble, comme celui de Chypre&: celui d’Alexandrie, lesquels, avant qu’on en ait fait du pain, nepèsent presque pas au delà de vingt livres (66) le boisseau. Commele Froment de Chypre est brun, & qu’il rend le pain noir, on lemêle avec celui d’Alexandrie qui est blanc; & un boisseau de cemélange produit vingt-cinq livres de pain. Le Froment de Thebes ,en Egypte, rend une livre de plus.

Passons à la maniéré de pétrir le pain. C’est une très mauvaisepratique de se servir à cet effet d’eau marine, comme Font la plu-part des habitants des côtes maritimes, dans la vue d’épargner lesel ; car rien n’engendre un plus grand nombre de maladies. Dansles Gaules & en Espagne, où l’on Fait de la biere avec (67) lessortes de bleds dont nous avons parlé, on emploie l’écume debiere (68) en place de levain; c’est pourquoi , dans ces pays-là,1e pain est plus léger que par-tout ailleurs.

On juge aussi de la qualité du Froment par Fa paille. Celui quia la paille plus grosse est meilleur. Le Froment de Thrace estcouvert de plusieurs (69) enveloppes, comme pour mieux résisteraux grandes Froidures de cette contrée. C’est aussi ce qui a nécessitéles habitants à trouver une Forte de Froment qui 11e demeure quetrois mois en terre ; car le reste de l’année le pays est couvert de

roient au delà du Danube, fous lenom de methos St de kamos , selon leRhéteur Priscus , ìn Excerpt. legat.p. 5 5. C’est ce qu’Ulpien, Leg. 9 , ff.appelle carnum mais par la fautedes copistes; car il faut lire camum 3d’après Priscus : cette erreur n’a pointété apperçuepar M. Pelloutier, ni paraucun autre Critique. M. Pelloutierobserve que la biere se faisoit par-toutde la même maniéré, Sc comme on lafait encore aujourd’hui. On mouilloitle grain pour le faire germer, aprèsquoi on le séchoir au feu ; ensuite onle faisoit moudre ou piler : on le dé-

Tomc VI.

trempoit avec de l’eau ; Sc quand laliqueur avoir fermenté, on en cuisoitde la biere. Voyez Orose, liv. 5 , c. 7,p. 2 5 9 ; Sc Isidore , Orlg. liv. 20 , c. 3,page 1317. Cependant les Espagnolsavoient une maniéré particulière defaire la biere, maniéré au moyen delaquelle ce breuvage étoit de garde.Voyez Pline, liv. 14, chapitre der-nier. Voyez austî, ibíd. une Epigram-me de TEmpereur Julien contre labiere des Gaules, tome 5 , p, 269»note 31.

(69) Théophraste, Hijè. Plant. 1 . 8 9chap. 4,

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