HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVIII. 3 3 J
Xolyra (5) 3 &: le tiphê (6), sont propres à l’Egypte , à la Syrie, à laCilicie , à l’Afie & à la Grece. Les Egyptiens font de leur fromentune fleur de farine qui n’est nullement comparable à celle d'I-talie. Dans le pays où le \ea est en usage, on ne connoît pointle far (7). Le \ea fe trouve auífi en Italie (7*], principalementdans la Campanie, où il prend le nom de semen (8), commequi diroit semence par excellence. Car la dénomination de ^eaest honorifique, comme nous aurons lieu de le faire remarquer :Lc c'est pourquoi Homere qualifie la terre de \ée-don (9) [$í<A« çoç
par la mer, chantant qu’en effet, seloni’aveu de Pline, le %ea étoit une pro-duction particulière à l’Egypte, à l’A-fìe & à la Grece. C’étoit donc, dans leprincipe, un grain d’outre mer à l’é-gard de Vltalie j & il y a tout lieu decroire que, dans l’origine, les Grecseux-mêmes l’avoient tiré d’Egypte, &croient parvenus à l’habituer à leur ter-roir _, comme on fit auffi, par la fuite ,en Campanie. Cette interprétation dumot barbare \ea dans le sens de i' ou-tre mer} est d’ailleurs justifiée par lemot %ee 3 que nous savons être la dé-nomination de la mer dans la plupartdes langues barbares. Je soupçonnedonc que l’épithete ffi-dôros 3 donnéepar Homere à la terre, ne venoit, nide $íi/, vivre, ni de \ea 3 épeautre jmais que cette épithete, infinimentplus ancienne que ce Poète , faisoitpartie des dénominations honorifi-ques & mystiques données à la terrepar la Religion , dans les hymnesd’Orphée & des autres Poètes Thra-eiens antérieurs à Homere. Or les1 hraces, de qui les dogmes, & les mys-tères furentia plupart adoptés dans laGrece du tems d’Orphée, c’est-à-direquelques générations avant le siégé deTroye ; les Thraces, dis-je, étoient
évidemment une extension des peu-ples Illyriens, auxquels Appien donneun même premier pere ou patriarchecommun qu’aux peuples Celtes ; cequi fait voir que les Thraces étoientdans l’origine une colonie Celto-Ger-manique ou Celtoscythique, commel’a entrevu Leibnitz, comme le sou-tient auffi M. Pelloutier, & comme jel’ai suffisamment fait voir dans mesOrigines Uuriennes . Or tous ces peu-ples ont donné , de tems immémorial,à la mer le nom de %ee ; ce qui semblenous conduire à la véritable interpré-tation de l’épithete mystique ffi-dôre rdonnée jadis à la terre ; car dôr ou.thor j dans certaines langues Celto-Germaniques , signifie aujourd’huimême produit 3 producHon 3 émolument 3don 3 &c. Dôron , en Grec, a auffi cettesignification. Nous voyons que dur. outor j ou thor 3 avoit le même sens chezles anciens Anglo-Saxons, qui difoientthor-fafi , produisant, productum affe-rens ; thor-lefs 3 sans produit, produc-tum non afferens (voyez François Ju-nius , ad Willeramum 3 p. a 5 7 ) : &. lesSuédois appellent encore le tonnerretor-doen 3 comme qui â'noïtproduifzntle fracas ; car ce mot est composé dedoen 3 fracas, grand bruit, ôí de tor