HISTOIRE NATURELLE, L I V. XVIII. 3 J?
de disputer fi ce vers est de Plaute , parcequ’il est certain ,selon (, 8) Atteius Capiton, qu’alors, dans les meilleures mai-sons, c’étoient les cuisiniers (19) qui faisoient (20) le pain, &qu’on ne nommoit Boulangers ( piflores ) que ceux qui piloientle bled. Et toutefois les Romains n’avoient pas même de cui-siniers parmi leurs esclaves ; mais quand ils en avoient besoin,ils en louoieni au marché. Pour ce qui est des cribles & destamis, ce font les Gaulois qui ont inventé ceux qui sont faitsde crin de cheval. Les Espagnols font de fil de lin leurs sas& bluteaux : les Egyptiens font les leurs de papyrus & dejonc.
II est à propos, présentement d’expliquer la maniéré de fairela fromentée, appellée alica par les Latins, & qui est la meilleure
que le vers où elle est employée ne se-roit point de Plaute , sous prétextequ’il n’y avoit point alors de Boulan-gers à Rome , puisque dans Y Aulula-ria la scene se passe en Grece : or lesGrecs ont connu le luxe bien avant lesRomains.
(18) Je lis au texte ccrtumquefit 3 Ac-teii Capitonis sententia 3 avec les manu-scrits , & non ccrtumque fit Auli Atteiisententiá 3 avec Dalechamp, suivi par lePere Hardouin. M. le Comte de laTour-Rezzonico cite une tessere anti-que d’où il résulterait que le prénomde ce personnage étoit Caius 3 &non pas Aulus. Ce monument porteC. Atei. Cos. Consultez Mutatori,Confi. Nov. Thés. Inscript. tome 1,dais. 5 , p. 299.
( 15>) Le second manuscrit Royalporte costum panem 3 par la faute ducopiste, qui a voulu écrire en abrégé
ccs tutn pour cocos tum ; & le sensobligé de la phrase ne permet pointd’admettre la leçon tostum panem 3 re-tenue par M. le Comte de la Tour-Rezzonico, avec qui j’ai regret d'êtreici en contradiction. Ce Savant, ausurplus , fait observer que tous les.manuscrits de Pline s’accordent à of-frir le mot cocos- (qui va suivre peuaprès ) par un c à la seconde syllabe ;& il blâme, avec raison, le Pere Har-douin d’avoir écrit ici coquos d’aprèsd’autres Auteurs , contre l’autoritémanuscrite de Pline. Rien 11’est ànégliger dans les manuscrits des An-ciens j & ce pastage-ci même en estune preuve.
(20) Ceci est expressément confirmé-par Festus : Coquum & pistorem apudantiquos eumdem fuifje accipimus. Na-vius : Coquus 3 inquit , edit Neptunum 3Venerem 3 Cererem. Significat 3 perCererem 3 pa~em ; per Neptunum 3 pist~ces : per Venerem ^ olera „