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Tome sixieme.
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373
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histoire naturelle, liv. xviii. 373

Quelques-uns néanmoins ont cru que les feves appesantissent ( 8 )l’esprit, & causent des rêves : aussi Pythagore désendoit-il (p) d’enmanger. Cependant, selon d’autres, cette interdiction étoit fondéefur ce qu il les regardoit comme la demeure ( i o) des âmes desdéfunts. C’est encore pour cette derniere raison qu’on les emploiedans les repas des funérailles. Cette raison, selon Varron, estégalement cause que le Flamen , ou grand Prêtre de Jupiter chezles.Romains, ne mange point de ce légume : mais il faut, selonce même Auteur , y joindre une autre cause ; c’est parcequ’ontrouve fur les fleurs des feves certains caractères qui n’annoncentrien que de triste. En outre, on regarde les feves comme ayantquelque chose de divin : c’est pourquoi la Religion a introduitla coutume d’en tirer des présages par rapport aux moissons ; pra-tique qui consiste à rapporter de la moisson une feve appelléereferiva ( 1 1 ). Enfin, on c roi t que dans les ventes publiques il estavantageux d’en mettre avec les choses qu’on veut vendre, & que

liv. I , in FitaPop. Rom. écrit pareil-lement : In sacris fabam jaciant n o cl u ,a c dicunt se lémures domo extra januamjacere. Nonius , ch. r, p. z i $.

(to) L’hyacinthe , par cette meraeraison , patioit pour une fleur funebre.Voyez Ovide , Me'tam, liv. i; ; Mar-tial, liv. 14, Epigr. 173 j & sur-toutle Poète Moskhus, dans ses Funérail-les de B ion 3 vers 6 , où il dit :

Ft toi, plaintive fleur, funéraire hyacinthe,

Fais parler la douleur dont ta feuille est empreinte.

Nnnc , hyacinthe , Uttcrns tuas loquere , & anipltusAi ! Ai !

Auipe tuis foliis , <£rc.

(11) Je lis referiva avec l’élite desmanuscrits, & non pas refrina. Con-sultons ici Festus : Refriva ( ou plutôtrefsriya ) f ab a dicitur 3 ut ait Cincius 3

qu£ ad sacrificium referri solet domumex segete auspicii causâ 3 quasi revocetfruges. JEhus dubitat an ea fit 3 quxprolata in segetem domum reseratur 3 anqutt resrigatur 3 quod est torreatur. Sedopinionem Cincii adjuvat , quod in sa-crificiis publicis , cum puls fabata Diisdatur 3 nominatur refriva. Cette prati-que » au reste, paro'ìt avoir été puiséechez les Grecs, & avoir eu rapport àla dénomination kuamos qu’ils don-noient à la leve, & que nous avonsinterprétée plus haut grand profit. C’estausti pourquoi l’on mettoit des fevesparmi les objets qu’on vouloir vendre,soit qu’on eût égard au rapport dumot faba avec le mot favor 3 {oit qu’onrapportât ,dans l’un & Fautre cas ( demoiflon & de vente ), le motFalisquehaba 3 feve , au mot Oriental ab ,fructus recens.