HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVI IT. 44 j
Quelles font les bonnes semences ; de la méthode qu on doitJìiivre en semant ; de la quantité de bled qu ilfautsemerpar juger uni y filon V ejpece du bled; du tems propre poursemer .
La graine (1) d’un an est la meilleure pour íémer: celle dedeux ans n est pas fi bonne : celle de trois ans est la derniere enbonté qu on puisse employer ; car celle de quatre ans ne produitrien du tout. Au reste, ce que nous disons ici doit s’entendre géné-ralement de toutes les- sortes de graines. Le laboureur qui veucconserver du grain pour semer, doit garder celui qui se trouve aubas (2.) de Faire ; car étant le plus pesant, il est aussi, par cette rai-son , le meilleur ; &: de tous les moyens de connoître les grainsdélite, il n’en est point de plus sûr. Les épis qui ont leurs grainspar intervalles ne valent rien pour faire de la semence. Le meilleurbled est celui qui est rougeâtre (3), & qui > cassé sous la dent, setrouve intérieurement de même couleur. Celui qui est blanchâtreen dedans n’est pas fi bon. Du reste, il y a (4) des terres qui, pourles semailles, demandent plus de graine que d’autres. Et quandune terre en exige beaucoup, nos laboureurs croient ( 5) pieusement,,& en font le chef principal de leurs préjugés, qu’une telle terreest affamée, & quelle dévore la graine. On doit semer de meilleureheure dans les lieux humides ; autrement les pluies pourriraient legrain : mais il faut semer plus tard dans les lieux secs, afin dese rapprocher de Fépoque des pluies. (6), & de peur que le grain,demeurant long-tems dans la terre fans germer, ne perde toutefa vertu. Quand on seme de bonne heure, il faut semer épais, par-
(4) Theophraste, Bijl, Plant. liv. 8, ( 6 ) Qui surviennent immédiate-
chap; 6. ment après le coucher des Pléiades,
(j) Théophraste fe moque de ce comme Pline l'observera un peu plu»même préjugé, ib id.. loin.