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Tome sixieme.
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HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. 457

au bout de quatre ans , font un-jour intercalaire (1 ), il arrive qu onnc fauroit assigner avec certitude le tems du lever &: du coucherdes astres. En second lieu, l’on convient qu’il y a dans cette théo-rie beaucoup d’obfcurité ; car quelquefois les saisons (2) commencentplusieurs jours avant le terme qui leur a été fixé , ce que les Grecs ap-pellent prokheimash; & d’autres fois plusieurs jours après , ce que cesmêmes Grecs exprimentpar le mot epikheïmasis : &L l'on éprouve trèssouvent que faction désastres fe fait sentir fur la terre, tantôt plutôt,tantôt plus tard. Aussi dit-on communément, lorsque le beau tems estrevenu , que tel astre a produit I on effet. D’ailleurs comme tout celadépend des globes célestes, leur mouvement relatif excite quelquefoisdes grêles & des pluies,qui, comme nous T avons dé j a ( 3 ) fait observer,sont de la plus grande conséquence pour les biens de la terre, & quirenversent l’espérance qu’onavoit du beau tems. Et non seulementles hommes y sont trompés, mais aussi les animaux, quoiqu’ilsaient bien plus de sagacité que nous pour pressentir ces vicissitudesdu ciel, d’autant que leur vie en dépend. En ester, on voit quel-quefois les oiseaux d’été mourir par des froids qui viennent trop tardou trop tôt, les oiseaux d’hiver par des chaleurs qui arrivent demême. C’est pourquoi Virgile veut qu’on étudie aussi le cours desplanetes, &: qu’on observe à quelle partie du zodiaque répond la pla-nète du froid Saturne (4). Quelques-uns croient que le signe le pluscertain du printems commencé, c’est lorfqu’on voit des papillons,&: cela parceque ces insectes sont fort délicats. Néanmoins on aremarqué que dans l’année même (5) où j’écris ceci, le froid ayantrecommencé jusqu’à trois fois, a fait mourir autant de fois lespapillons ; & que les hirondelles, qui, s’étant montrées dès levingt-fept de Janvier , fembloient annoncer le retour du prin-tems , ont ensuite essuyé un très cruel hiver.

C’est donc une science très problématique que celle de Tinstuencedes astres, &; les inductions que Ton en tire sont fort douteuses.Mais ce qui caule le plus d’incertitude, c’est cette convexité du ciel& la dissérence des climats de la terre, parceque le même astre femontre ici dans un tems, & là dans un autre, d’où il résulte queTome FL Mmm