HISTOIRE NATURELLE, LIV. XVIII. J0<?
Long-tems après Démocrite , un Philosophe Romain nomméSextius (z8), fit la même chose à Athènes 3 en quoi l’on peut voircombien les sciences font utiles. C’est pourquoi j’en mêlerai lesnotions avec celles de l’agriculture, mais, autant qu’il me fera pos-sible , avec évidence 8 c clarté. La plupart des Auteurs disent quela nielle des bleds 8 c la bruine des vignes proviennent de cer-taines rosées qui font brûlées par l’ardeur du soleil. Mais je croisque cela est faux en partie, 8 c que toute la brûlure des plantes vientuniquement du froid , lans que le soleil y ait aucune part. C’estde quoi l’on se convaincra aiíément si l’on veut y faire attention jcar on trouvera que la nielle & la bruine ne tombent jamais quela nuit, 8 c avant que le soleil ait de la force : ainsi il faut con-clure qu’elles dépendent entièrement (39) de Pinfluence de la lune;d’autant que ces calamités n’arrivent jamais que lorsque la lune esten conjonction avec le soleil, ou dans la pleine lune, c’est-à-direlorsque la lune est dans fa force Í40) : car dans ces deux états lalune est réellement dans son plein , comme nous avons dit (41)plusieurs fois ; mais quand elle est en conjonction, elle renvoiecontre le soleil toute la lumière quelle en a reçue. II y a d’ailleursune différence très grande 8 c très manifeste entre les effets de cesdeux états de la lune ; car lorfqu’elle est en conjonction , elle est
astez naturellement, cemeíemble, parla nouvelle théorie. En effet, la luneattire à elle la mer en masse, à plusforte raison influe-t-elle par sa pré-sence sur l’ascension, ou plus grandeélévation des nuages ; d’où il résulteque dans l’interlune les nuées ou va-peurs sublimées de l’athmosphere ,doivent se condenser & retomber enorages, par le défaut de présence decet astre pendant la nuit : de là, je lerépete, ces grands orages nocturnes,que j’ai souvent observés vers l’é-poque de l’interlune. On pourroit
aussi, parla feule attraction de la lune,expliquer l’origine des sources fur la-quelle on a tant disputé 3 car une forcecapable de soulever les mers à plu-sieurs pieds de hauteur, doit être ré-putée plus que suffisante pour attirerinsensiblement l’humidité intérieursde la terre vers fa surfiice, & de procheen proche jusques fur les plus hautesmontagnes.
(41) Principalement au liv. z , ottPline a dit : In ipse coitu non cerni'Lunam quoniam hauflum omnem lucis ■aversa eo regerat 3 unde acceperat.