HISTOIRE NATURELLE, L I V. XIX. 31
neux, & parmi des buissons. On en trouve souvent d’aussi grossesqu une pomme de coing, & même qui pesent une livre (ij). IIy en a de deux sortes ; les unes, qui font sablonneuses, & quinuisent aux dents ; les autres, qui font pures &: nettes. II y ena aussi de rousses, de noires , ôc d’autres qui font blanches endedans. Les plus estimées font celles d’Afrique. De savoir main-tenant si les truffes croissent successivement, ou si cette imperfec-tion de la terre ( car 011 ne sautoir les croire autre chose ) acquierttout-à-coup la grosseur quelle doit avoir; & ii elles ont vie ounon : c’est, à mon avis, ce qu il n est pas facile de décider. Tou-jours est-il certain quelles font sujettes, comme le bois, à lapourriture. II n’y a pas bien des années que Lartius (16) Lici-nius , qui avoir été Préteur à Rome , & qui alors étoit Présidentdu ressort de Carthagene en Espagne, ayant mordu dans unetruffe, y rencontra un denier Romain qui pensa lui casser les dentsde devant. Cela montre clairement que les truffes font for-mées (17) d’tine portion.de terre, qui en s’agglomérant, enfermedans fa substance les matières hétérogènes quelle rencontre.Du moins est-il certain qu’on doit les mettre au nombre de cesproductions qui naissent d’elles-mêmes, & qu on ne peut semer ( 18).
De l’efpece de truffe nommée misy; des truffes en général :des champignons pesiques , ou veffes de loup : dalaferpitiurn ; de fa tige , nommée magidaris : de lagarance , & de Vherbe a foulon.
Il se trouve dans la Cyrénaïque, contrée d’Âfrique, une fortede truffe appellée misy, qui est d’un meilleure goût & dune plusagréable odeur que les autres ; aussi est-elle plus charnue. Latruste, en Thrace, prend le nom d’/Vo/z (1), &: en Grece, celuide geranion.
1719 , consultez M. Valmont de Bo- (1) Je lis iton avec le Pere Har-mare, tome 2, p. 1 6. douin, & non pas ceraunium. lion est