HISTOIRE NATURELLE, LIV. XIX. Z/
Grecs (zo) ont laissé par écrit que sept ans avant la fondation de laville de Cyrene , qui fut bâtie (21) fan cent quarante-trois de Rome,le laserpitium fut produit (22) tout-à-coup par une certaine pluiepoissée qui tomba en Afrique aux environs du jardin (23) desHesperides , Le de la grande Syrte ; Se que la vertu productive decette pluie s'étendit l’efpace de quatre mille stades (24). Selonles mêmes Auteurs (25) , le laserpitium qui croissoit en ce pays-là , étoit une herbe fort sauvage, Se qui fe retiroit d’elle-mêmedans les lieux déserts, plutôt que de souffrir detre cultivée. Elleavoit plusieurs racines , qui néanmoins étoient assez grosses, Seune tige qui ressembloit à celle de la férule , Se qui étoit de lamême grosseur. Sa feuille, qu ils appelloient maspeton , étoit sem-blable à celle du persil, Se tomboit tous les ans. Sa graine étoitplate comme une feuille. Le bétail aimoit fort cette herbe , quid’abord le purgeoit , mais ensuite l’engraissoit , Se lui rendoitla chair d’un goût exquis. On attendoit que les feuilles fussenttombées pour manger la tige, mais corrigée par le feu, c’est-à-direbouillie ou rôtie : Se pendant les quarante premiers jours qu’onen mangeoit, elle purgeoit si parfaitement le corps , qu’il n’yrestoit aucune humeur vicieuse. Le suc fe tiroit de deux partiesde la plante ; savoir, de la racine Se de la tige : Se il avoit deuxnoms différents ; celui de la racine s’appelloit rhsias (26) ; Secelui de la tige , caulias (27): celui-ci , comme fe gâtant plus fa-cilement, étoit à meilleur marché. La racine avoit une écorcenoire. Pour sophistiquer le suc de laserpitium , on le verfoit dans unvase, Se on y mêloit du son ; ensuite on le battoit jusqu a ce qu’ilfût au point de maturité où on le fouhaitoit : autrement il fe fe-roit bientôt gâté. On connoissoit qu’il étoit à son vrai point ,lorfqu’il avoit pris de la couleur, Se qu’il étoit entièrement sec.D’autres disent que la racine de laserpitìum avoit plus dune cou-
(25) Ec principalement, selonThéo-phraíle, ibid. de qui presque tout cecieít emprunté.
(z 6) Du Grec pvss*, racine»(27) Du Grec Kctuxòí, tige.