HISTOIRE NATURELLE, LI V. XIX. 7 $
racine. Au reste, les bons raiforts fe connoissent principalementpar les tiges ; car ceux qui font âpres à la langue ont les tiges plusrondes &: plus groífes, & des tuyaux longs : &: leurs feuilles fontlaides, rudes & anguleuses.
Le raifort aime une terre légere humide. II craint le fumier&c fe contente de paille pourrie. II s’accommode lî bien du froid,quon en trouve dans la Germanie qui font auííi gros que desenfants. On feme les raiforts après le treize de Février, pour enavoir au printems : on réitéré au mois d’Août ( 5 9) , & c’est la meilleurefemaifon. Plusieurs en fement dans les mois de Mars, d’Avril & deSeptembre. Quand le raifort commence à croître, c’est une pratiqueutile que de couvrir de terre (6o)fes feuilles alternalement ,& de leréchauffer lui-même ; car ceux qui demeurent hors de terre devien-nent (61) durs & spongieux, & par conséquent ne valent rien à man-ger. Aristomaque (6 z) veut qu’on éfeuille les raiforts en hiver, & ausliqu’on les rechaulìe, afin d’empêcher que l’eau ne s’arrête auprès ;il promet que par ce moyen on aura de beaux raiforts en été.Quelques-uns disent que si on fait avec un pieu un trou en terreà la profondeur de six doigts, &: qu’on fourre de la paille au fondde ce trou, qu’enfuite on jette fur cette paille une graine de rai-fort, puis du fumier & de la terre par-deífus la graine, on auraun raifort qui fera de la grandeur du trou. Rien ne fait plus desien aux raiforts que le sel, aussi les arrofe-t-on d’eau salée : èc enEgypte (63), où ils font meilleurs qu’en toute autre contrée, onjette du nitre (64) dessus. En effet, la silure ôte toute leur âcreté,
faut pas le confondre avec Aristoma-que de Solos, qui écrivit fur la métal-lurgie ; ouvrage dont Columelle aparlé, hv. 9, chap. 14. Au reste, ilfaut joindre ici à l’autorité d'Aristo-maque celle de Théophraste, de Cau-sis j liv. 5 , chap. 5 , p. 3 3 o : ofcíag
cTs TBT 0 , &C.
(63) Pline lui-même écrit au liv. 31,
Tome FIL
chap. 6 : Salis vice utuntur ai rapha-nos nitro JEgyptio : teneriores eosfacit.
(64) Ce nitre d’Egypte est un sédi-ment du Nil. On lui donne le nomde natron , pour le distinguer du vrainitre , d’avec lequel il diffère en plu-sieurs points. Voyez le livre 31 , cha-pitre 6'.
K