HISTOIRE NATURELLE, LIV. XX. 211
ensuite on le met dans des vaisseaux de terre qui riaient point en-core servi. C’est un excellent remede pour plusieurs maux. Ce suc,mêlé avec du lait de femme, guérit (74) toutes les maladies desyeux, comme les taches, les nuages, les cicatrices, les brûlures (75),&, sur-tout, il éclaircit la vue trouble. Appliqué sur les yeux dansde la laine, il est bon pour les fluxions de ces parties. Pris aupoids d’un scrupule dans de l’oxycrat, il purge le ventre (7 6). Prisdans du vin, il est singulier contre les morsures des serpents (77).Les feuilles & les tiges de la plante, étant pilées, & prises dansdu vinaigre, font très bonnes dans le même cas. On les appliquefur la plaie, ÔC principalement fur la piquure des scorpions. Onles prend dans du vin &C du vinaigre pour la morsure des arai-gnées venimeuses. Enfin, elles font propres contre toute forte depoisons, excepté contre ceux qui tuent par étoussement, contreceux qui attaquent la vessie, & contre la céruse. Réduites en.cataplasme avec du miel & du vinaigre, on les applique sur leventre pour en tirer les mauvaises humeurs. Leur suc est très bonpour la difficulté d uriner. Cratévas f ordonne aux hydropiques,au poids d’un scrupule dans dix dragmes de vin, & un peu devinaigre.
Quant aux laitues cultivées, quelques-uns se servent de leursuc (78); mais il n-a pas tant de vertu que celui des laitues sau-vages. Nous avons déja parlé (79) de quelques-unes de leurs pro-priétés particulières, qui font de provoquer le sommeil, d’éteindreles feux de Famour, de rafraîchir , de purger Festomac, d’aug-menter la quantité du sang. Mais elles en ont encore plusieursautres j car elles dissipent les gonflements, Sc diminuent les flatuosi-te s. Ce qu elles ont de singulier (80), c’est que, selon qu’onen mangeplus ou moins, elles augmentent ou diminuent l’appétk. De mêmesi on en mange beaucoup, elles lâchent le ventre, Sc si on enmange peu, elles resserrent. Elles atténuent la viscosité de la pi-
serant à la confecture très plausible du Pere Hardouín. On a lu fus-qu’ici ncç ulla. res • leçon qui présente aucun sens raisonnable-