HISTOIRE NATURELLE, LIV. XXI. 393
la coupe d’Antoine , &c il expira dans le moment. Outre les Ateurs dont nous avons parlé ci-devant, Théophraste, parmi lesGrecs, a écrit fur les fleurs (17). Quant aux Latins, quelques-uns ont donné à leurs livres le titre d’Anthologie, ou choix defleurs, mais par pure métaphore ; & je n’en sache aucun qui aittraité expressément des fleurs. Pour moi, fans m’arrêter à décrirela maniéré de faire les couronnes, ce qui feroit., ce me semble,tomber dans le frivole , je vais m’attacher à dire, touchant lesfleurs, ce qui me paroîtra le plus digne d’être remarqué.
Les Romains n ont eu dans leurs jardins qu un très petit nom-bre de différentes fortes de fleurs, & prefqu uniquement des vio-lettes &: des roses.
D u rosier; de la rose ; des diverses sortes de roses.
L a plante qui produit la rose ( 1 ), est plutôt une épine que touteautre forte d’arbriífeau. II croît aufli des roses fur l’églantier ( 1 *),qui est une efpece de ronce : elles font petites, mais d’une agréa-ble odeur. Toute forte de rose, quand elle pousse, est d’abord en-fermée dans un bouton grenu ( 2. ), qui , grossissant ensuite ,bi s élevant en pointe, sonne le calice de la fleur, laquelle s’ou-vre peu d’abord, & devient rouge ; puis s’étant épanouie, laissevoir au milieu de son fond certains petits filaments jaunes. On nefe sert pas beaucoup de la rose pour les couronnes. On en faitrhuile rosat, en la mettant infuser dans de l’huile : ce qui fe pra-tiquoit déja dès le tems du íìege deTróye, félonie témoignaged Homere ( 3 ). Elle s’emploie aufli dans les parfums, comme nousavons remarqué ailleurs (4). Elle est utile en médecine. On lamet dans les emplâtres & les collyres, â cause de fa vertu subtileSe pénétrante. Elle sert aussi pour les délices de la table.
Les roses les plus estimées des Romains, font celles de Pre-neste (5) celles de Campanie (6). Quelques-uns ajoutent cellesde Milet, qui font d’un rouge très vif, & qui n ont pas plus dedouze feuilles. Après les roses de Milet, on fait cas de celles
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